dimanche 16 juin 2019

Banane

Parfois, cela sert de lire un livre de 900 pages en anglais sur les économies domestiques . À raison d'une page par-ci, par-là , ledit livre étant stocké aux toilettes. Dans The Tightwad Gazette, l'autre jour, je lis donc : pour conserver les bananes plus longtemps, laissez-les dans un sac plastique bien fermé . Le contraire de ce que je lis ou entends dire ailleurs. Adieu rumeurs, faisons scientifique : j'ai pris quelques bananes et les ai roulées dans un sac plastique.  On verrait bien .
     C'était mardi. Je viens de sortir l'avant-dernière du sac tout a l'heure . Elle était jaune avec des soupçons de vert. D'habitude elles tournent au jaune vif en deux jours.
     Moralité , ça marche. Ne me croyez pas sur parole. Testez. Mais voilà une astuce qui va bien m'aider.

jeudi 23 mai 2019

Deux paquets par jour

     Ce n'est jamais le manque d'inspiration qui me tient éloignée du clavier. Plutôt une échelle de priorités différentes et le manque de solitude - précisons que dans mon monde, le terme "solitude" est nimbé d'un halo bienfaisant. Ce qu'il n'était pas quand j'étais célibataire et isolée, il y a fort longtemps, mais passons.

     Le rythme ces derniers temps m'a amenée à passer à deux paquets par jour. C'est mal, non ? 
     Des paquets de copies. Fin du trimestre, bulletins des classes de troisième, urgence de corrections, ultimes évaluations, puis compiler les notes, extraire des compétences, rédiger des appréciations. C'est fait. J'arrête les copies (…jusqu'au tas de 35 qui m'attendra lors des corrections du brevet).
     En parallèle, mon petit garçon de cinq ans a fait sa semaine sous chapiteau et son spectacle de cirque. C'était un grand moment. Il a découvert le stress de se montrer en public, l'angoisse de mal faire, il a jonglé avec ses foulards, la mine appliquée, concentrée au maximum (et ouvrant au minimum les mains, ce qui a nettement limité les risques de chute… petit fourbe). 
     
     Je n'ai rien d'exceptionnel à raconter, ce qui veut dire que tout va bien, au fond. Allons-y pour le désordre.

- enfin trouvé un rythme de sommeil qui semble convenir puisque le réveil sonne désormais à 5h20 pour moi (au lieu de 5h) et je me réveille presque à chaque fois quelques minutes plus tôt. Mon corps a intégré.

- lessive à 90 degrés en ce moment même pour des draps blancs. C'est si rare, une telle température, que je me surprends à sentir l'odeur de lessive, de tissu, de caoutchouc chaud dans l'entrée. 

- il me reste cinq livres à lire sur mon énorme tas d'environ 60 volumes il y a un peu plus d'un an. J'ai déjà racheté des successeurs… mais voilà le deal : j'attaque une pile de dix livres quand la précédente est finie. Et je ne peux pas avoir plus de dix livres d'avance. Ce qui va me faire trépigner devant ces livres que j'ai ENVIE de lire là, maintenant, tout de suite. Mais ce qui me pousse aussi à m'enfoncer dans ceux que j'ai déjà et qui sont, au fond, passionnants, bien que légèrement hardus. Un livre de 400 pages en anglais sur les Amish, un livre interminable en anglais toujours sur la grande dépression au Canada, avec  vocabulaire argotique pour pimenter… et pourtant j'aime les lire. Par petites touches. Si tu dois avaler un kilo de farine, fais-le cuillère par cuillère. Et en chemin, tu y prendras peut-être plaisir !

- deux soeurs ont été malades mardi à l'école des enfants et la psychose de la gastro a resurgi. Je suis la seule à psychoter, soyons claire. Pourquoi cette éventualité m'inquiète-t-elle à ce point ? Au pire, on est malade. Y a pas mort d'homme. Je pense que c'est le couperet, la possibilité prête à tomber, ce type de situation, que je supporte très mal. C'était pareil pour mes accouchements : j'admettais qu'ils devaient avoir lieu (forcément) mais ne supportais pas l'imprévisible. De ne pas pouvoir savoir, d'aucune façon, quand, comment, cela se passerait. Je pense être une quiche intersidérale pour appréhender l'imprévisible. Car autour de moi, personne ne s'émeut de ce genre de choses. Bon. Tant pis. Je suis une quiche. C'est bon la quiche.

- j'ai toujours rêvé d'un cèdre du liban. Arbre majestueux, occupant l'espace comme une vraie personnalité dans le paysage. Nous sommes allés à une foire aux plantes il y a peu. Et là chez un vendeur de bonsaïs (!) d'adorables petits cèdres. Pas travaillés en bonsaïs pour le coup, prêts à l'être… ou pas. Le nôtre est désormais planté dans le jardin et dûment protégé de grillage (contre les chevreuils et les lapins) et d'une touffe de mes cheveux (contre les chevreuils, très efficace, paraît-il). Il domine l'espace de ses vingt centimètres de hauteur… pour la majesté on patientera !

- Depuis dimanche, le soir, je monte tôt dans la chambre. Mon homme regarde Blacklist sur Netflix. Je suis lasse de ces séries où le crime dégouline, et de ces atmosphères sombres et anxiogènes juste avant le coucher. J'évite même de regarder les informations ces temps-ci, qui ne semblent pas chercher tant à informer qu'à faire flipper le monde. Comme toujours. Chaque soir, je suis montée, et j'ai regardé un épisode d'un dvd génial emprunté à la bibliothèque : Un jour, je serai danseuse. Reportage tourné au conservatoire de Paris. Le même format que celui tourné à l'opéra et dont on a eu la suite, cinq ans après, diffusée il y a peu sur Arte. Eh bien ce reportage est génial. Une demi-heure en immersion, dans le quotidien, le travail si intense et précis de la danse classique et / ou contemporaine. Les exercices, les commentaires, les façons d'être de chacun. La dureté des enseignants parfois, ou leur humanité. Il me semble que, comme dans mon modeste collège, la méchanceté n'est jamais utile et souvent contre-productive. Certains font avancer les autres en les aiguillonnant. D'autres à coup de reproches. C'est dur. On peut avoir raison sur le fond et se planter sur la forme. Je vais veiller d'autant plus à ne jamais dire quoi que ce soit de méchant des élèves et aux élèves. A quoi bon ? Ce n'est pas ça qui peut les motiver. Une collègue en colère disait l'autre jour d'une élève qu'elle avait "un QI très limité". J'ai trouvé cela grave. Soit c'était faux, et donc pure méchanceté. Soit c'était vrai, et grave de juger. Je connais l'élève en question. Elle est dans une phase "ado évaporée". Ok. On peut tous se montrer un peu bêta. De là à être catalogué… à quoi bon ?Et là je m'égare, mais ce que je vois chaque soir est bien mieux que ça : la perfection du geste, le dilemme entre exactitude et lâcher prise, les moments de miracle quand les deux se confondent. Une des étudiantes disait : quand on danse, on ne peut pas cacher qui on est. En effet. C'est ça qui est beau.

Et stop. Nous sommes jeudi matin, mon moment de liberté. Je vais finir de changer les draps, lire, faire un peu de danse à la barre, et autres petites touches en liberté, sans enfant à la maison, seule avec le soleil.

jeudi 2 mai 2019

Hammershøi, peintre du minimalisme

   
  Il y a quelques jours, je suis allée découvrir l'exposition Hammershøi au musée Jacquemart André. Très joli musée, au passage, que vous aurez bonheur à découvrir si vous ne connaissez pas. Un ancien hôtel particulier. La grande porte cochère. Les pièces encore meublée, le petit jardin intérieur… Le lieu en lui-même mérite une visite. Mais en plus, leurs choix artistiques ! Mary Cassat l'an passé ! Hammershoi à présent ! 


     Les salles d'exposition sont petites et peu nombreuses - huit ? on découvre donc un nombre assez réduit d'oeuvres, mais représentatives de l'artiste et de ses différentes phases de création. 
     Quand je visite une exposition seule, j'ai pris l'habitude de le faire en deux étapes : une déambulation libre dans tout l'espace du musée, puis un second passage pour voir de plus près les oeuvres qui m'ont le plus touchée. En entendant discuter les gens entre eux, je mesure la chance que j'ai de le faire seule : pas de babillage, de verbiage creux. Juste l'oeuvre, là, en face. Pas de place pour les discussions de politesse. Car il faut le dire, j'ai rarement entendu des commentaires stupéfiants de subtilité. Peut-être n'en ferais-je pas plus moi-même. Autant me taire.

     Alors, c'était comment ?
     Monochrome. Assez amusant de voir à quel point sa palette est réduite, au sens technique du terme : la petite vidéo qui introduit l'expo montre, à un moment donné, la palette en bois du peintre et les restes de peinture séchée qui la recouvrent. On a toutes les nuances de gris, de blanc, de bleuté. Guère autre chose. 
      Regrettable ? oui et non. 
      Cela manque peut-être de fantaisie. Quand tu passes dans l'expo et que tu repères un tableau "en couleur", tu sais d'un oeil que c'est celui de son beau-frère, pas le sien ! pourquoi se priver des couleurs de la vie ?
     Et en même temps, c'est lui. Pas besoin de fioritures pour dire. Pas besoin d'ornement. Ses toiles sont stupéfiantes de narration alors qu'elles ne racontent aucune histoire. Une chaise, de dos, au loin, dans un rai de lumière, et on sent la chaleur du jour, on devine presque le parfum du dernier occupant ou le fumet qui parvient de la cuisine. Une femme de dos nous laisse lire davantage de sentiments par la posture de ses épaules que bien des femmes de face chez bien des peintres. Comment peut-il être si expressif sans expression ? C'est un mystère. 
      En parlant de mystère, j'ai passé un moment devant une toile représentant une étude de boulangerie. La lampe qui pendait au plafond paraissait, comment dire, véritablement éclairée. J'ai observé, changé d'angle, vérifié l'installation. Certes, les spots de la salle accentuaient le phénomène. Certes, le peintre avait usé d'une peinture d'un blanc à peine jaune contrastant à souhait. D'accord pour les astuces techniques. Mais quand même. Je le jure. Cette lampe, dans ce tableau, EST ALLUMEE ! ou donne tant l'impression de l'être que je ne m'en suis pas remise. D'ailleurs, dans le catalogue de l'exposition, je suis allée rechercher l'image et… mon sentiment subsiste. Il est fort, ce Vilhelm !

     Une citation au mur, que j'ai oubliée (en piètre reporter) parlait de lumière et de silence. Ses intérieurs dépouillés évoquent la paix. Pas le vide. Même lorsque personne n'est là, il s'agit d'un appartement. Ce lieu qui parle des habitants même en leur absence. Il n'est besoin de rien d'autre qu'une certaine lumière, sur un meuble "luisant, poli par les ans" (dirait Charles) pour créer de la chaleur, de la vie. 
     Au fond, c'est toute l'âme nordique du minimalisme qui se dessine là. Où certains voient du vide, voyons de l'espace. Où certains voient du dépouillement, voyons l'essentiel, l'humain. Et la lecture du temps, par l'angle du soleil. Le temps qui passe et les sensations qu'il procure lisibles par la taille du carré de lumière sur le mur du fond. On a tous des souvenirs anodins de ce genre, et pourtant chevillés à l'âme : le bruit des mouches qui bourdonnent dans une chambre, l'été, quand il fait trop chaud et que le volet baissé crée d'étranges reflets sur le mur d'en face. On est enfant et on s'ennuie. On s'absorbe dans ses sensations. Plus tard on se souviendra. Et un jour, on saura que dans cet ennui, on avait vécu. 

      Alors, oui. J'ai envie de davantage de couleur dans mon quotidien que ce peintre n'en montre dans ses toiles. Mais j'en absorbe le contenu comme celui d'une profonde sagesse vers laquelle il serait bon que je chemine.

mardi 23 avril 2019

Ce qui ne s'apprend pas

     Il y a quelques jours, l'évidence m'a sauté au visage.
     Cela fait des années que je réfléchis au côté néfaste de la râlerie, que j'essaie de me rééduquer, que je constate mes progrès et mes limites. Depuis 2013 je m'auto observe, j'avance un peu, je vois aussi comment les autres râlent en toute impunité ce qui a le don de saper mes efforts, preuve qu'il me reste du chemin à parcourir.
     Mais je n'avais pas fait cette corrélation pourtant évidente :
     Je râle parce que je suis stressée.
     Je suis stressée.

      Je ne me sens pas particulièrement stressée, au quotidien. Les gens qui me côtoient diraient sûrement que je ne m'inquiète de rien. Une collègue m'a rapporté une fois qu'une élève avait dit de moi "Oh, mais elle, elle est super zen, c'est impossible de l'énerver !". Et c'est un peu vrai.
       Je suis peu stressée.
       AU TRAVAIL.
       A la maison, il en va tout autrement. En moi, ça bouillonne. J'ai mille choses en tête, les contraintes horaires, les envies, les nécessités, les interruptions, une fois, deux fois, dix fois, par un, deux, trois enfants, et je ne peux pas vivre à mon rythme. Je me prends à rêver de grands moments de solitude. Le jeudi, jour off, est celui où je devrais relâcher cette impulsion. Mais je tiens tellement à y faire beaucoup que je me mets une autre sorte de pression : vite, ça, et puis ça, et puis faire mes 10000 pas, et puis lire ce livre, ah et celui-là, et le ménage, et cuisiner, et …

       J'ai toujours dû avoir un fond d'anxiété. De ce que j'en sais, la seule musculature qu'ont mes abdos est due au fait que je les contracte sans arrêt, par réflexe. Le corps ne se détend vraiment que dans le sommeil (ou un bon bain chaud, avec un livre) (mais pas trop longtemps parce que vite il faut aller dormir pour se lever tôt).

       En fin de compte, dans ce domaine, on n'a jamais aucune aide institutionnelle. A l'école, on t'apprend la conjugaison du futur antérieur, pas à respirer. La localisation de la Volga mais pas à faire le ménage. Les réactions chimiques du zinc mais pas à compter tes sous.

        Je ne rejette rien de tous ces apprentissages. Tant mieux qu'ils soient là. Mais pourquoi, pourquoi à aucun moment ne donne-t-on de pistes aux enfants, ou à défaut aux ados, ou à défaut aux adultes, sur ce qui les concerne TOUS, tous les jours, voire chaque minute ?

           Je dois apprendre à respirer. J'ai croisé la cohérence cardiaque, la méditation. Je sais que ce serait la réponse, mais mon problème est d'aller trop vite, vite, vite, et comment ralentir pour absorber la réponse ?
            Je n'ai jamais su faire le ménage. Dans ce domaine, comme dans beaucoup, tu te construis selon ton milieu, en imitation ou en opposition. La façon dont fonctionnait ma mère ne m'a jamais convenu. Je n'ai pas pour autant trouvé un fonctionnement optimal non plus.
             Je me souviens, à l'école primaire, qu'on nous ait expliqué (une intervenante extérieure) ce qu'étaient les intérêts bancaires. Quoi ? Tu pouvais GAGNER DES SOUS juste en laissant ton argent à la banque ??? incroyable. Pour la gamine de neuf ans que j'étais, c'était vertigineux comme idée. Toute petite initiation, certes. Mais quelques décennies plus tard, je me souviens encore de l'avoir eue, preuve que c'était plus important qu'il n'y paraît.

       Alors, en attendant il reste l'autoformation. Je lis des livres, comme toujours dès qu'il s'agit d'apprendre. Je teste, j'essaie d'avancer. Je commence "L'effet Télomère", histoire de me convaincre que le stress doit reculer dans ma vie. De le voir en face. Je vais lire "Clean my space", après avoir il y a longtemps beaucoup réfléchi grâce au livre de Marla Cilley "Sink Reflexions". Je lis beaucoup de livres sur l'indépendance financière.

     Mais toutes ces pistes pourraient être lancées tellement plus tôt. A sept, huit ans, un enfant est tout à fait apte à comprendre que respirer en paix (geste qu'on peut faire à tout instant) et non de façon saccadée et pressée (mon réflexe depuis toujours) a un effet profond sur le corps. Que l'argent se gère facilement si on sait quoi faire. Que quelques principes de régularité suffisent à garder un intérieur accueillant. Et j'ai encore l'impression de balbutier dans ces domaines.

     Retour des enseignements ménagers à l'école ? non. Pas forcément. Mais il est de mauvaise foi de considérer que toutes ces choses ne s'apprennent pas et sont évidentes. Personne ne sait les faire de la façon optimale dès la naissance. On respire, par nécessité. On vide la poubelle, idem. On ne dépasse pas le découvert autorisé, idem. Mais on pourrait faire tellement mieux pour nous et autrui, avec une impulsion. Et attendre que nos parents nous enseignent ce qu'ils n'ont jamais appris serait illusoire. J'aurais aimé parlé de yoga avec ma mère, tiens. Voilà qui l'aurait fait doucement rigoler.

      Work in progress, donc. Un chantier perpétuel, voilà comment je me sens. 
     Mais je connais mon envie d'apprendre, suis têtue, et trouverai mon souffle !

dimanche 14 avril 2019

J'ai osé

     Il y a quelques mois, ou était-ce l'an dernier ? j'étais allée au marché pour acheter des pommes.
     Oui. Je sais. Une vie si riche en rebondissements, c'est dingue.
     J'ai avisé une variété de pommes pas encore testées. Le panneau indiquait Idared. Ce nom m'a plu. Des pommes d'un beau rouge mêlé de jaune, qui clamaient "I dared", j'ai osé ! J'ai donc demandé celles-ci.
     "Ah, des Ida red !" m'a répondu le vendeur.
      Déception. Le rouge de l'audace, de l'intrépidité, de la honte peut-être, contenu dans ce nom original, devenait la quintessence du nom de base : un vague prénom (Ida) et un détail technique, du genre, la couleur, au hasard (red).

     Pas grave. Vendredi j'ai racheté des Ida red, que je continue en mon for intérieur à appeler des I dared. Et puis, j'ai filé les déposer à ma voiture pour aller à mon rendez-vous à la banque. 
       Et là aussi déception. A priori. Je voulais savoir si je pouvais emprunter pour un projet immobilier locatif, et combien, seule ; bref, sonder jusqu'à quel point la banque me suivait. La réponse est : pas très loin. On tombe sur 62 000e, cela pourrait être bien plus avec quelques paramètres à faire varier d'ici un an ou deux, mais même le double ne m'amène pas à mon objectif (plutôt de l'ordre de 200 000e). Alors quoi ? Je laisse tomber ? Je suis déçue, amère ? 
     Tout l'inverse. En sortant de la banque, la première chose qui m'a frappée, c'est à quel point je n'étais PAS déçue. Pas du tout. Et encore moins découragée. Au fond, cette réponse m'arrangeait un peu. D'abord elle m'autorisait à ne rien faire là, tout de suite, ce qui aurait été un peu tôt pour mes petits nerfs. Et puis, à vrai dire, le crédit n'est pas trop mon truc. Je veux l'indépendance financière, mais au prix d'une dépendance bancaire ? … dans une certaine mesure seulement. 
      Ah oui, je ne peux pas compter sur la banque ? pas de problème. Comptez sur moi. Je me débrouillerai en partie seule. J'accumulerai le plus d'épargne possible et quand je reviendrai vous ne demanderez qu'à m'aider. Parce que j'aurai bétonné mon projet comme jamais. Et j'aime les défis.
      En attendant, I dared. J'ai osé y aller, demander, vérifier. Je sais à quoi m'en tenir. Et ce n'est pas le rouge de la honte que j'ai senti sur mes joues, mais la stimulation du défi. 

vendredi 5 avril 2019

La Loi de l'Attraction : secret spirituel ou vaste fumisterie ?


AVERTISSEMENT : Ce qui suit n'est que mon avis. Je ne prêche pas. Je ne cherche pas à convaincre. Simplement à faire le point sur ce que je pense être vrai ou pas. Si votre avis diffère, n'hésitez pas à commenter, ça m'intéresse !

           J'ai vendu, dans mon dernier carton en partance vers Momox, le livre Le Secret, de Rhonda Byrne. Pour une raison simple : j'en avais un peu honte. Je sais assumer certains de mes (mauvais) goûts, pourtant. Mais garder ce volume me dérangeait. La couverture est décorative, certes. Mais très kitsch aussi. Le papier imprimé, glacé, façon grimoire à l'ancienne mais version commerciale, me posait problème. Le contenu aussi. A la fois, ça m'intéressait, et je sentais qu'il y avait quelque chose à creuser, d'où le livre resté chez moi pendant deux ou trois ans. Et en même temps, ça sentait la grosse connerie. Et j'aime pas les grosses conneries. Encore moins celles qui rapportent de l'argent à quelqu'un au détriment de quelqu'un d'autre. Je me sentais bête d'avoir acheté le livre, un peu ; pourtant pas déçue non plus. Il me fallait en être passée par là.

         Si vous ne connaissez pas le principe de la loi d'attraction, je résume en quelques mots : demandez, jour après jour, par écrit, en visualisant, ce que vous voulez, et agissez comme si vous l'aviez déjà. Et vous l'obtiendrez.
            Est-ce que ça semble complètement stupide ? Oui.
            Est-ce que ça marche ? Possible.
            C'est bien là que ça bloque. J'aimerais dire : vaste leurre, laissez tomber. Mais ce n'est pas si simple.
           Pour moi la loi d'attraction est exactement l'équivalent du placebo sur le plan médical. On se gausse, en disant "Ce n'est qu'un placebo", et on se trompe lourdement : un placebo est un miracle ! notre corps arrive à se guérir tout seul sur intercession de l'esprit, n'est-ce pas absolument formidable ? un effet placebo est mille fois plus encourageant qu'un médicament, il signifie que nous sommes autoguérissants !
          La Loi de l'Attraction me semble relever du même principe. Si tu y crois, ça marche. Si tu n'y crois pas, ça ne peut pas marcher. D'où mon problème à me sentir sceptique… mais je vais y arriver et trouver mon équilibre entre rationalité, sérendipité et synchronicité. Je le sais. Et je l'ai déjà vécu.

            1) Ce qui me dérange dans la loi d'attraction version commerciale

Je suis tombée sur le film Netflix l'autre jour, tiré du livre, ou l'inverse, on s'en fiche après tout. Même esthétique, même ambiance. On te murmure, limite, un secret des templiers à l'oreille (mais vendu à des millions d'exemplaires). On te plonge dans l'ambiance chevaliers, sceaux et coffres au trésor. Ridicule. Voix caverneuses. Le pire de tout : les experts convoqués, tant dans le film que dans le livre. AUCUN N'EST UNE POINTURE dans son domaine. Vous aviez déjà entendu le nom d'un de ces types et femmes, avant, vous ? Moi, non. Pourtant, je me cultive, quoi. Du coup petite technique qui fait bien : on convoque l'esprit des morts. Oh ! mais Platon, Beethoven, Hugo et Einstein connaissaient le Secret, voyez-vous ! ben voyons. Ils ne risquent pas de démentir, depuis qu'ils mangent les pissenlits par la racine.
            Bref.
            On se fout copieusement de notre gueule. Et ça se voit. Et en plus ça marche : non seulement on marche, mais on court. Même moi, qui VOIS tout ça, qui décode toute cette arnaque, je suis tentée, tellement tentée. Je sens qu'il y a quelque chose derrière. 

          2) Give it a go anyway - Essayez quand même, vous verrez

         Et pourtant j'y crois. Non pas au fait que j'attire dans mes filets ce que je veux par l'esprit, même si ça pourrait se traduire maladroitement par ça. J'y crois parce que j'ai compris comment ça POUVAIT fonctionner. Rationnellement. Tout comme je SAIS que le placebo existe vraiment, même s'il a l'air trop magique pour être possible. Lisez Le mystère du placebo, de Patrick Lemoine, vous verrez.

         Mon avis, qui n'engage que moi : 
Le secret n'en est bien sûr pas un. La loi d'attraction en elle-même est un nouveau nom pour faire croire qu'on a inventé quelque chose.
         Ces gens ont fait une chose simple : ils ont réinventé et laïcisé le concept de foi. Et pour ça, merci, car ce sont des personnes fort intéressées et malhonnêtes (je parle des personnes impliquées dans le livre et le film), mais qui mettent le doigt sur un élément dont nos sociétés se privent un peu. 
         CROIRE.
         Si je crois que c'est possible, fermement, j'agis comme si ça l'était. Et parfois
- je découvre que ça l'était (c'est juste moi qui n'étais pas allée voir)
- j'agis de façon à ce que ça le devienne (c'est juste moi qui n'avais pas fait les efforts).

        Exemple très simple. Si je dis à un de mes élèves : "Tu n'as pas compris les règles d'accord du participe passé", il constate qu'il n'a pas compris. Fera-t-il mieux ? Pas gagné. Je ne l'ai pas rassuré ni encouragé. Si je lui dis : "Tu as compris l'accord avec auxiliaire être mais pas celui avec auxiliaire avoir, revois ce point", il y a des chances pour qu'il soit plus confiant. Après tout je lui ai montré ce qu'il réussissait, et ciblé ce qui lui manquait.
          Quand on veut quelque chose, on s'interdit souvent tout simplement d'y croire parce que ça sort du cadre. Vous voulez être acteur. Vous savez que ce n'est pas un vrai métier. Vous y rêvez un peu comme ça, mais c'est tout. Frustration éternelle.
          Si on vous "enseigne" la loi de l'attraction, que se passe-t- il ? on vous a autorisé à y croire. Vous mettez en place des actions (prendre des cours, aller au théâtre…). Vous avez gagné en confiance puisque vous "attirez" votre destin par vos pensées. Vous êtes donc dans des dispositions positives. Des portes s'ouvrent parfois dans ces cas-là. En tout cas vous les cherchez, les portes, persuadé qu'elles existent, et vous avez donc bien plus de chances de les trouver. Serez-vous acteur ? oui ou non. Mais vous aurez côtoyé votre rêve. Peut-être changé d'avis en voyant le métier. Au moins vous vous serez approché de la lumière car VOUS VOUS Y SEREZ SENTI AUTORISE. Voilà le secret pour moi : croire qu'on a le droit de tout. Et c'est un fait : dans nos sociétés aujourd'hui, le plus lourd interdit est celui qu'on place sur nous-mêmes.

        Après, il y a les hasards et clins d'oeil. Mais bien sûr, y croire vous ouvre les yeux. Vous savez, quand vous achetez une paire de baskets de telle marque et tout à coup tout le monde a les mêmes dans la rue. Les gens avaient les mêmes la veille. Simplement, vous n'aviez pas éduqué votre attention à les repérer. 

        Et puis les gros hasards qui font douter. C'est magique ou pas ? Malicieux en tout cas. Et tant mieux. Idée plaisante que de jouer avec un "Tout là-haut", un destin, une direction. Exemple concret : je jouais depuis longtemps avec l'idée d'acheter un bloc de quelques appartements, pour les louer, comme investissement locatif. Un jour je flâne sur le Bon Coin, comme d'autres fois, et tombe sur pile ce que je veux, non pas dans la bonne ville ou le bon quartier mais dans LA RUE que je veux, exactement avec toutes les caractéristiques que je veux. Un truc de fou. Mais… deux fois trop cher. Même pas envisageable. J'aurais dû renoncer. Et pourtant prise d'une impulsion irrationnelle, je me dis : "Si la même chose en deux fois moins cher pouvait exister…". La probabilité était plus que faible. Je cherche sur d'autres sites. Je m'obstine. Je fouille vraiment. Et je trouve….
         La même chose. En vente dans la même rue, par la même agence, rénové de la même façon. Deux fois plus petit. Deux fois moins cher. 
             Improbable.
             Et jamais je n'aurais cru pouvoir acheter. Mais c'était tellement énorme que je suis allée voir ma banque. Pour savoir quand ce serait possible de faire ce genre d'investissement. La conseillère a regardé nos dossiers, on remboursait la maison encore pour quelques années, tout ça. Alors, quand ? Elle a levé les yeux et a dit : "Vous pouvez le faire maintenant". 
            Et nous avons acheté.
            Je ne vous dis pas que c'est magique, même si certains détails étaient dingues. Mais la part certaine, c'est que je n'aurais jamais cherché sans espoir d'y croire un peu. Quand vous demandez à l'univers 100 euros, et que vous les recevez, vous les auriez peut-être reçus quand même, mais pas vus de la même façon. 
             La loi d'attraction est une grosse connerie. La loi de l'attention et la loi de la foi sont puissantes. Elles nous font voir ce qui est à notre portée, et refuser que certaines choses nous échappent. Voilà le puissant moteur. 
            Bien sûr que ça marche.
            Tu m'étonnes.
           Alors jetons le folklore et gardons la foi !
           

mercredi 27 mars 2019

Je lis trop.


        Bon. Reconnaissons que parfois, c'est plutôt marrant de ne pas avoir les mêmes problèmes que tout le monde.
            J'en ai entendu, des mères inquiètes, en réunion parents-profs : "Mon enfant ne lit pas du tout / pas assez / plus / rien sauf des mangas". Je les rassure comme je peux, ici n'est pas le lieu d'y revenir, mais ça tourne souvent autour de "le choix d'ouvrage doit venir de lui / tentez les magazines sur son sport préféré, c'est toujours ça / mais la plupart des gens lisent peu en fait / des mangas, c'est déjà beaucoup mieux que rien". 

             Mais en ce qui me concerne, je crois devoir le dire : je lis trop.

             J'ai toujours été grande lectrice. Mais vraiment. Souvenir de m'être fait gronder par mon père un soir, parce qu'à 22h je lisais toujours alors que j'avais quoi, sept ans ? Souvenir d'avoir scotché une page en plus dans le cahier d'emprunt de livres, en CM1, parce que j'avais débordé des 60 lignes standard. Souvenir d'avoir tenté de lire des polars en marchant, pour voir si c'était jouable (spoiler : non, ça ne marche pas, avec mauvais jeu de mots gratuit; du moins pas quand on traverse une rue très fréquentée à chaque paragraphe).

          Etrangement, la période où j'ai le moins lu est peut-être celle de mes études… de lettres. Je lisais encore, bien sûr. Et des ouvrages spécialisées. Et des oeuvres de haute littérature, et tout ça. Mais très peu de choses pour le plaisir en parallèle, car peu d'espace mental, et finalement peu d'ouvrages dévorés avec passion. On ne peut pas écrire un mémoire sur le journal de Gide et lire mille autres choses en parallèle. Bref.

             J'empruntais tout de mon plus jeune âge jusqu'à mes premiers salaires, ou presque. Puis j'ai lu toujours un peu moins qu'autrefois, mais achetais les ouvrages. Jusqu'à me réinscrire enfin en bibliothèque.

            Plantons le décor : aujourd'hui je suis inscrite :
- dans la bibliothèque de ma ville
- dans celle de la plus grande ville d'à côté, à trente kilomètres
- dans un mois je m'inscris à celle de Paris, pour emprunter des livres numériques
- j'ai une liseuse que j'alimente en classiques gratuits (je suis toujours dans mon cycle Zola), en livres achetés (dont pas mal en anglais)
- je lis aussi des livres papiers que j'ai achetés
- je relis très souvent
- on m'en prête aussi parfois…

            Disons qu'à la maison, la pénurie de lecture ne menace pas.

Pulsion de méthode Konmari il y a deux semaines
Et le résultat provisoire car il me faudra tout
reclasser par collection, quand même

           Alors lire beaucoup, d'accord, admettons.
          Mais comment peut-on TROP lire ?  En quoi serait-ce néfaste ? et ai-je prévu de lire moins ? 
           Paradoxalement, la réponse est non. Je ne cherche pas à lire MOINS (j'en voudrais toujours plus, au contraire). Mais peut-être à lire mieux. En créant moins de fatigue, de cumulation. J'ai parfois la sensation d'avaler mes lectures comme on mange trop vite, au lieu de m'immerger dedans. 
            Principalement parce que je lis beaucoup d'ouvrages différents de front. Trop difficile de résister à ce livre, là, que je voulais vraiment découvrir… comment ça j'en ai déjà 5 en cours et autant dans ma liseuse ? pas grave, on n'est plus à un près…
        C'est comme si je "consommais" du livre, parfois. Avec le souci d'absorber ma dose. Alors, attention. Je ne regrette jamais de lire. J'aime lire. Je veux lire. Je fais sonner le réveil à 5h pour avoir le temps de le faire, que diantre (sortons les expressions du dimanche), ce n'est pas pour rien. Mais ne serait-il pas plus simple, plus sain de lire moins de choses en même temps et de savoir les goûter une par une ? ou deux par deux? Allez, dix par dix, au moins ?

          Et d'abord, je lis quoi, là, en ce moment, par exemple ? 

- aux toilettes du RDC : (ah, oui, parce que je lis aux toilettes. Comme partout ailleurs au monde, en fait)

1  Remèdes à la mélancolie, bof, pas passionnée, laissé en plan
Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent : vraiment super. Presque fini. Méthode du Dr Ginott, en application.

- A celles de l'étage :

The Tightwad gazette : 900 pages en anglais sur la frugalité, dois en être page 220 et celui-là n'est pas prêt de quitter son voisinage de PQ avant un an au moins, vu le rythme d'avancement… 

- Dans ma boîte à livres entamés près du lit :

4 Eloge de l'ombre, bien
(+ Un Legardinier, juste pour s'aérer l'esprit (léger à en être vaporeux, probablement), pas encore commencé, je me freine pour ne pas cumuler encore plus)
5 Dans la forêt de Jean Hergland, pris par hasard en bibliothèque, juste génial
6 Sapiens, lu par toutes petites touches
7 You've got a book in you, un peu laborious

- Dans ma liseuse :

8 La Terre, de Zola
9 Les Accoucheuses, une saga romanesque de quoi, 1500 pages ? (n'importe quel récit de sage-femme me captive, j'en ai même lu un, en anglais, d'une sage-femme chez les Amish, ou comment concilier deux centres d'intérêts improbables)
10 Ten Lost Years, sur la Grande Dépression au Canada 
11 Work Optional, sur l'indépendance financière
12 Ecouter le silence, de Thierry Janssen

- Dans ma voiture : 

13 Le dernier Laurent Gounelle, sur Audible, bon il est assez caricatural mais je suis bon public pour ça (même si les invraisemblances d'époque me font un peu pester).

Bon, ça va, en fait. On culmine à 13. J'aurais cru pire. Alors ça ne signifie pas que je lis ces treize livres tous les jours. Mais sur une journée… Six est un absolu minimum.

Est-ce un problème, véritablement ? 

J'ai surtout peur de noyer mon attention dans la lecture et de ne plus être capable de la fixer vraiment. Et puis, quelle est cette pulsion qui m'empêche d'accepter le vide de l'esprit ? Pourquoi ne rien faire, un instant, plutôt qu'agripper un livre comme une bouée ? J'ai moins peur du vide que du plein, au fond. Si mon esprit lit, il est occupé. Quand il est vacant, il me surgit quinze idées à la minute et ça m'épuise. Seulement, à long terme, le remplissage n'est pas une bonne idée. 

Qu'est-ce que je veux vraiment ? 

- Lire autant de livres que je veux
- M'immerger davantage dans chacun d'eux, en faire une bulle plus préservée
- Contrer ma peur du manque et du vide en prenant les lectures successivement et non de front
En somme, lire avec CALME.

Boîte à livres entamés. Elle ne déborde plus
 et ça m'angoisserait presque.
La pile miniature de mon stock matériel, plus un ou deux restés du côté
 de mon homme. Quatre livres. Au secours !!! Pénurie !
Bon, le pavé de Kraybill sur les Amish devrait me tenir un moment quand même...
Mais je veux aussi continuer à lire en abondance, à redécouvrir plus de fiction peut-être. Paradoxalement j'ai du mal à choisir des romans, alors que j'adore me plonger dans une histoire. Trop sélective ? 

Et le passage à l'action : 



Trente-trois livres en stock, depuis début janvier et quelques-uns ajoutés au fil des mois. Depuis début mars et jusqu'à fin avril, mois sans achat, donc pas d'autre en vue. Je me contenterai d'en emprunter 1500 en bibliothèque… Objectif : n'avoir plus que dix livres achetés en stock, et ne plus dépasser ce nombre. Finir avant de commencer. Les numéros barrés sont les ouvrages terminés. Eh oui ! j'avance ! 17 lus. Les numéros entourés sont ceux que j'ai commencés. ET le problème est net : je commence tout. Seuls 6 n'ont pas été goûtés encore… Passons sur le fait qu'une brassée de livres de bibliothèque, qui n'apparaissent pas là donc, m'attendent en bas, et qu'on doit en reprendre samedi. Le cycle sans fin. 
           Les avantages quand même : 
- quand on discute, avec des amis / collègues, j'ai toujours des livres à leur conseiller (je suis un peu fournisseur officiel et pourvoyeur d'informations tirés de livres célèbres outre-Atlantique mais pas traduits)
- je découvre mille choses, bien sûr
- le concept d'ennui m'est à peu près inconnu
- je peux lire d'affilée cinq pages de huit livres différents sans me mélanger les pinceaux une seconde. C'est même risible :  en ouvrant les livres l'un après l'autre, mes yeux se portent spontanément sur le bon paragraphe, celui de la page où je devais poursuivre. Une vraie seconde nature.

Mais… et le calme ? ça vient, ou quoi ? Je reconnais me pencher à nouveau sur la question de la méditation. Encore une idée ressortie pendant une minute que je ne passais pas à lire et PAF ! Qu'est-ce qui est le plus épuisant ? Déborder des idées des autres ou des siennes ?