Parfois, il ne se passe plus rien de spécial. Rien qui justifie la fébrilité. Rien quoi doive vous réveiller au milieu de la nuit. Rien de prévu dans l'agenda.
Et pourtant, la moindre phrase est soumis à caution. "Tiens, dimanche, je ferais bien du poulet rôti" lance votre conjoint. "J'ai une réunion à dix - sept heures demain". Une amie doit passer lundi.
Oui mais...si.
Le grand SI mental auquel toute ma vie est suspendue ce mois - ci.
Si je suis toujours à la maison. Si je ne suis pas en train d'accoucher. Si je ne suis pas à la maternité à cette date.
Même en regardant le programme télé. Ah ! Tel film, tel soir. Mais imagine que je le voie sur l'écran d'une chambre de clinique? Que je ne le voie pas car j'aurai tellement mieux à faire?
En attendant je me suis débarrassée de ma dernière obligation médicale, l'ultime prise de sang.
Moi, je suis prête.
Advienne que pourra !
dimanche 13 novembre 2016
vendredi 21 octobre 2016
Quand ? Comment?
Je n'ai pas envie de frugalité ces temps - ci. Au contraire ! L'arrivée prochaine du petit dernier me perturbe. C'est comme s'il me fallait assouvir besoins et envie avant qu'il naisse. J'ai conscience de l'absurdité de cet instinct. Je tente de limiter la casse, de repousser les dates d'achat. De me fixer des seuils. Mais face à l'inquiétude, les barrières tiennent moins. Quelle importance de se limiter, en proportion de...
De quoi ? Du risque? Du danger ?
En vérité je suis une flippée de l'accouchement. Cette étape que quelques - unes adorent (si si ! J'en connais ! Comment font - elles ?), je la redoute. Entre une peur de tout ce qui a trait au médical et celle d'avoir mal, la voie est étroite. J'assume cette difficulté en ayant voulu un troisième enfant, mais c'est vraiment parce qu'il le faut ! On m'aurait proposé une livraison par Chronopost, j'aurais pu être tentée. ..
S' ajoute cette fois la probabilité d'une césarienne. Le bébé est en siège depuis trois mois, sans faiblir. Perspective d'une manoeuvre bientôt - sûrement douloureuse. Ou bien césarienne. Pas d'autre choix dans ma clinique de proximité. Pour quelqu'un qui a refusé la péridurale deux fois à cause de la grosse aiguille...cela reste une concession de taille.
Mais la vie choisit. Les choses se passeront comme elles le pourront. Et après, plus rien de cela n'aura d'importance. Ce sera mon dernier enfant, je le sens. Allez ! Plus qu'une fois !Une souffrance échangée contre une existence à voir éclore. Pas si cher payé après tout. D'ordinaire la souffrance n'offre rien en échange.
Pas souffrance, dirait Tara Brach. Douleur. Elle ne serait souffrance que si je m'apesantissais sur eelle.
Douleur. Elle traversera. L'enfant la transcendera.
De quoi ? Du risque? Du danger ?
En vérité je suis une flippée de l'accouchement. Cette étape que quelques - unes adorent (si si ! J'en connais ! Comment font - elles ?), je la redoute. Entre une peur de tout ce qui a trait au médical et celle d'avoir mal, la voie est étroite. J'assume cette difficulté en ayant voulu un troisième enfant, mais c'est vraiment parce qu'il le faut ! On m'aurait proposé une livraison par Chronopost, j'aurais pu être tentée. ..
S' ajoute cette fois la probabilité d'une césarienne. Le bébé est en siège depuis trois mois, sans faiblir. Perspective d'une manoeuvre bientôt - sûrement douloureuse. Ou bien césarienne. Pas d'autre choix dans ma clinique de proximité. Pour quelqu'un qui a refusé la péridurale deux fois à cause de la grosse aiguille...cela reste une concession de taille.
Mais la vie choisit. Les choses se passeront comme elles le pourront. Et après, plus rien de cela n'aura d'importance. Ce sera mon dernier enfant, je le sens. Allez ! Plus qu'une fois !Une souffrance échangée contre une existence à voir éclore. Pas si cher payé après tout. D'ordinaire la souffrance n'offre rien en échange.
Pas souffrance, dirait Tara Brach. Douleur. Elle ne serait souffrance que si je m'apesantissais sur eelle.
Douleur. Elle traversera. L'enfant la transcendera.
dimanche 2 octobre 2016
Mon nouveau métier
Le mois de septembre était à la fois stimulant et fatigant. Dans la catégorie "check" :
- une rentrée au CP pour le grand
- une rentrée en petite section pour le petit
- une rentrée tout court pour les parents
Et mon année scolaire s' interrompt déjà. Certains élèves ont presque adhéré à l'argument massue : "Ah non, moi je ne travaille pas l'hiver! Il fait trop froid. Je reviendrai au printemps. "
J'ai cru mourir au début du mois, à faire cours par 34 degrés au 2e étage du bahut avec mon ventre de six mois et demi de grossesse. Mais c'est fait!
Mon nouveau métier: faire pousser ce petit bébé, jusqu'à fin novembre. Et UN PEU m'occuper des aînés accessoirement. "Tu vas être peinard" m'a dit une amie. Je lui pardonne, elle n'a pas d'enfants. Et si gérer deux garçons, une maison, une grossesse, puis un accouchement et un nouveau - né c'est être peinard...alors oui ! Je le serai ! J'ai signé pour !
- une rentrée au CP pour le grand
- une rentrée en petite section pour le petit
- une rentrée tout court pour les parents
Et mon année scolaire s' interrompt déjà. Certains élèves ont presque adhéré à l'argument massue : "Ah non, moi je ne travaille pas l'hiver! Il fait trop froid. Je reviendrai au printemps. "
J'ai cru mourir au début du mois, à faire cours par 34 degrés au 2e étage du bahut avec mon ventre de six mois et demi de grossesse. Mais c'est fait!
Mon nouveau métier: faire pousser ce petit bébé, jusqu'à fin novembre. Et UN PEU m'occuper des aînés accessoirement. "Tu vas être peinard" m'a dit une amie. Je lui pardonne, elle n'a pas d'enfants. Et si gérer deux garçons, une maison, une grossesse, puis un accouchement et un nouveau - né c'est être peinard...alors oui ! Je le serai ! J'ai signé pour !
lundi 29 août 2016
Atterrissage
Tout doucement, l'idée de la rentrée fait son nid. Hier soir, nous nous sommes retrouvés à dîner devant E=m6 avec les enfants, avant qu'ils aillent se coucher... comme pendant l'année scolaire. Après six jours à 35 degrés au plus fort de la chaleur, la canicule a reculé. Ce matin, carrément, fraîcheur et bruine. Un vrai bonheur après cette période desséchée. Mais c'est comme si le temps nous soufflait : attention... septembre est là. ..tu bosses après - demain, souviens - toi !
Le fait d'avoir reçu un mail du travail avec les horaires de pré rentrée joue aussi !
Alors d'accord. On y retourne. Y a-t-il des profs qui reprennent le chemin sans aucun pincement ? Je suis très contente de revoir mes collègues notez bien - déjà pas mal. Je serai à temps partiel, deux classes seulement. Léger léger. Et surtout : je ne travaille qu'un mois...ensuite, congé maternité. S' il y a une année où je peux me pointer détendue c'est bien celle - là ! Malgré les réformes et changements de programme.
Je vais essayer !
Le fait d'avoir reçu un mail du travail avec les horaires de pré rentrée joue aussi !
Alors d'accord. On y retourne. Y a-t-il des profs qui reprennent le chemin sans aucun pincement ? Je suis très contente de revoir mes collègues notez bien - déjà pas mal. Je serai à temps partiel, deux classes seulement. Léger léger. Et surtout : je ne travaille qu'un mois...ensuite, congé maternité. S' il y a une année où je peux me pointer détendue c'est bien celle - là ! Malgré les réformes et changements de programme.
Je vais essayer !
mercredi 10 août 2016
Simplifier : la tablette et la douche
Seule ma tablette accepte de se connecter à Blogger : fâcheux et frein majeur à mes velléités de communiquer. Le clavier tactile me fatigue ! Par ailleurs la pauvre tablette a 3 ans, les boutons du bas en panne et mon homme en a racheté une autre pour son travail, le port du son ne marchant plus non plus.
Bref. Elle a tout d'une dépassée.
Je viens pourtant de lui offrir un coup de jeune gratuit et motivant. Ôter! Retrancher! Dégager la coque de protection moche et inutile vu que l'objet ne quitte pas le salon. Finesse ! Légèreté! Douceur en main! Voilà qui va la sauver d'une fin terrible tant qu'elle fonctionne un peu. ..
Sous la douche, deux besoins pour ma peau de coco : gommer et soigner.
Pfff. La flemme. Je huile à la fin mais gommer...
Solution : préparer un Shealoe maison et y incorporer du marc de café. Facile, confortable, tout - en - un et délicieusement régressif. Ça patois le, gratouille et nourrit en trente secondes. Pour pas un rond (j'avais tous les ingrédients et j'ai recyclé du karité périmé depuis 3 ans, même - à quand l'enseigne qui vendra du café en poudre pour gommage? Pas trouvé encore. Pas de clientèle assez naïve pour ignorer que le vieux marc fait très bien l'affaire, peut-être :). J'ai quand même fait sécher le café au soleil avant de l'incorporer, pour ne pas ajouter de phase aqueuse source de moisissure à ma pâtouille. ..
Bref. Elle a tout d'une dépassée.
Je viens pourtant de lui offrir un coup de jeune gratuit et motivant. Ôter! Retrancher! Dégager la coque de protection moche et inutile vu que l'objet ne quitte pas le salon. Finesse ! Légèreté! Douceur en main! Voilà qui va la sauver d'une fin terrible tant qu'elle fonctionne un peu. ..
Sous la douche, deux besoins pour ma peau de coco : gommer et soigner.
Pfff. La flemme. Je huile à la fin mais gommer...
Solution : préparer un Shealoe maison et y incorporer du marc de café. Facile, confortable, tout - en - un et délicieusement régressif. Ça patois le, gratouille et nourrit en trente secondes. Pour pas un rond (j'avais tous les ingrédients et j'ai recyclé du karité périmé depuis 3 ans, même - à quand l'enseigne qui vendra du café en poudre pour gommage? Pas trouvé encore. Pas de clientèle assez naïve pour ignorer que le vieux marc fait très bien l'affaire, peut-être :). J'ai quand même fait sécher le café au soleil avant de l'incorporer, pour ne pas ajouter de phase aqueuse source de moisissure à ma pâtouille. ..
dimanche 24 juillet 2016
Déconnexion
Nous sommes rentrés d'une semaine en bord de mer hier soir.
J'étais en bonne voie. Après avoir lu "J'arrête de râler", avoir tenté plusieurs fois de compter les jours sans complainte, j'ai acheté et lu "J'arrête de râler sur mes enfants et mon conjoint". En me demandant si ce n'était pas simplement alimenter un filon marketing, mais après tout, le calme pour moins de 72, ça se tente.
Je l'ai lu et ça m'a aidée. Au lieu de voir toute l'opération comme un défi à relever, elle m'est apparue davantage comme une rééducation en profondeur des comportements et de ma façon d'exprimer mes besoins. Et d'écouter ceux des autres, accessoirement.
Débuts difficiles. Redémarrage six fois par jour. Puis, une belle envolée. De lundi à samedi matin, en toute objectivité, pas râlé.
Au passage, pas simple de définir ce qu'est ou n'est pas râler. J'ai trouvé une technique simple : si tu te demandes si tu as râlé, c'est que tu as râlé. Tout comme quand tu te demandes si tu as dormi. ..C'est que oui. Tu as dormi. Sinon tu saurais (je ne comprends pas pourquoi certains tiennent absolument à protester et dire que non, ils n'ont pas fermé l'oeil - quel intérêt ? Et ils gardent leur air dubitatif même quand on leur précise qu'ils ronflant, même. J'ai du mal à mettre de la coquetterie dans le fait de dormir. Tu dors ? Ben c'est cool. Dors bien tant qu'à faire! )
Hier matin, paf, une râlerie. Je savais que le jour était tendu : devoir tout remballer, laver le Mobil home et expédier la petite famille hors de mes pattes à temps pour boucler. Devoir tenir un horaire est mon Facteur Râlerie n°1. Mais ce qui m'a achevée, c'est quand la fille du camping est arrivée pour voir si tout était prêt et que mon homme a tranquillement répondu que oui oui, pas de problème. Non mais je rêve??? Il restait la moitié des bagages à ranger, le salon à laver et la vaisselle à essuyer. J'ai été un soupçon malaimable - moins qu'avant, le défi, c'est déjà ça, et je lui ai redit ensuite où était le problème pour moi.
Depuis hier soir, je me sens à nouveau plus tendue. On reprend des activités variées, pas toujours conjuguées, et j'ai retrouvé une connexion internet. Surtout, à nouveau, je me retrouve souvent à faire deux bricoles en même temps - cuisiner en furetant sur le Web, etc. Résultat : quand le petit dernier m'interrompt deux fois en deux minutes parce que 1) "veux aller faire pipi", et il veut que je l'aide alors qu'il sait faire tout seul 2) "Z ' ai finiiii! " et il a besoin que je l'essuie mais me raconte tout un roman alors que j'ai quelque chose sur le feu, techniquement et/ou métaphoriquement, ma très mince patience est mise à mal.
Moralité : ce n'est pas internet le démon. C'est la quantité d'esprit disponible qui sauve. Halte au multitasking. Mais que c'est difficile !
Donc... jour 1. À nouveau !
J'y arriverai ! :)
J'étais en bonne voie. Après avoir lu "J'arrête de râler", avoir tenté plusieurs fois de compter les jours sans complainte, j'ai acheté et lu "J'arrête de râler sur mes enfants et mon conjoint". En me demandant si ce n'était pas simplement alimenter un filon marketing, mais après tout, le calme pour moins de 72, ça se tente.
Je l'ai lu et ça m'a aidée. Au lieu de voir toute l'opération comme un défi à relever, elle m'est apparue davantage comme une rééducation en profondeur des comportements et de ma façon d'exprimer mes besoins. Et d'écouter ceux des autres, accessoirement.
Débuts difficiles. Redémarrage six fois par jour. Puis, une belle envolée. De lundi à samedi matin, en toute objectivité, pas râlé.
Au passage, pas simple de définir ce qu'est ou n'est pas râler. J'ai trouvé une technique simple : si tu te demandes si tu as râlé, c'est que tu as râlé. Tout comme quand tu te demandes si tu as dormi. ..C'est que oui. Tu as dormi. Sinon tu saurais (je ne comprends pas pourquoi certains tiennent absolument à protester et dire que non, ils n'ont pas fermé l'oeil - quel intérêt ? Et ils gardent leur air dubitatif même quand on leur précise qu'ils ronflant, même. J'ai du mal à mettre de la coquetterie dans le fait de dormir. Tu dors ? Ben c'est cool. Dors bien tant qu'à faire! )
Hier matin, paf, une râlerie. Je savais que le jour était tendu : devoir tout remballer, laver le Mobil home et expédier la petite famille hors de mes pattes à temps pour boucler. Devoir tenir un horaire est mon Facteur Râlerie n°1. Mais ce qui m'a achevée, c'est quand la fille du camping est arrivée pour voir si tout était prêt et que mon homme a tranquillement répondu que oui oui, pas de problème. Non mais je rêve??? Il restait la moitié des bagages à ranger, le salon à laver et la vaisselle à essuyer. J'ai été un soupçon malaimable - moins qu'avant, le défi, c'est déjà ça, et je lui ai redit ensuite où était le problème pour moi.
Depuis hier soir, je me sens à nouveau plus tendue. On reprend des activités variées, pas toujours conjuguées, et j'ai retrouvé une connexion internet. Surtout, à nouveau, je me retrouve souvent à faire deux bricoles en même temps - cuisiner en furetant sur le Web, etc. Résultat : quand le petit dernier m'interrompt deux fois en deux minutes parce que 1) "veux aller faire pipi", et il veut que je l'aide alors qu'il sait faire tout seul 2) "Z ' ai finiiii! " et il a besoin que je l'essuie mais me raconte tout un roman alors que j'ai quelque chose sur le feu, techniquement et/ou métaphoriquement, ma très mince patience est mise à mal.
Moralité : ce n'est pas internet le démon. C'est la quantité d'esprit disponible qui sauve. Halte au multitasking. Mais que c'est difficile !
Donc... jour 1. À nouveau !
J'y arriverai ! :)
jeudi 16 juin 2016
Silence
Je n'ai pas remis les pieds (les yeux? Les doigts?) ici pendant un temps. J'ai besoin de silence et suis pourtant engluée dans les agitations quotidiennes. Rectifions: je me laisse engluer sans protester. En voiture, vite, du son. À table, tout sauf du vide.
Mais le silence n'est pas du vide. Il est de l'espace. "Le poids, c'est de la peur" dit Jean - Christophe Rufin dans Immortelle Randonnée. Ah, quelle leçon. Quel livre, quel homme, lisez - le ! J'y repense tout le temps. Le sac trop plein d'une collègue? De quoi a-t-elle peur? Et mon sac alors? Pas mieux. Le surpoids d'une amie ? De quoi se protège - t - elle? Ce n'est pas un sac à dos sur le chemin de Compostelle, encore que... On porte tous le nôtre au fond.
Et le silence ? Même chose. Être face à soi - même. Prendre le risque du néant. Ou de découvrir la paix. De s' ouvrir au monde.
Dans les deux cas, laisser de la place pour l'inconnu.
Mais le silence n'est pas du vide. Il est de l'espace. "Le poids, c'est de la peur" dit Jean - Christophe Rufin dans Immortelle Randonnée. Ah, quelle leçon. Quel livre, quel homme, lisez - le ! J'y repense tout le temps. Le sac trop plein d'une collègue? De quoi a-t-elle peur? Et mon sac alors? Pas mieux. Le surpoids d'une amie ? De quoi se protège - t - elle? Ce n'est pas un sac à dos sur le chemin de Compostelle, encore que... On porte tous le nôtre au fond.
Et le silence ? Même chose. Être face à soi - même. Prendre le risque du néant. Ou de découvrir la paix. De s' ouvrir au monde.
Dans les deux cas, laisser de la place pour l'inconnu.
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