samedi 11 août 2018

Bagages

          Je déteste les départs en vacances. Il faut penser à trop de choses à la fois : vêtements,  nourriture, accessoires de plage, livres,  trucs qui se branchent,  couches du petit, trousse de toilette, serviettes, maillots du petit, du moyen, du grand, pique-nique pour 7 personnes, gourdes, sandales,  baskets, vêtements chauds et frais. .. trop. Surchauffe.  Pourtant on s' allège les choses. L'homme est en train de préparer un drive à récupérer sur place lundi. On a un fond de trousse de toilette toujours prêt. On demande aux petits de préparer eux-mêmes un sac de jouets.
    Je n'aime pas l'imprévu,  les rythmes bousculés. Suis casanière,  au fond. Et encore, on ne part qu'à quatre heures de route.
    J'aime jouer à vivre autrement et ailleurs pendant une semaine.  Toujours contente de rentrer malgré tout. Tant mieux parce que chez moi,  j'y vis toute l'année !

samedi 4 août 2018

Aube

     Les vacances semblaient parfaitement commencer. Du temps, du temps, des projets mais pas trop, une pile de livres gigantesque à écluser. 
     A ce propos, depuis deux, trois, ou est-ce quatre mois ? je tiens mon engagement. Pas d'achat de livre tant que ma pile n'a pas diminué de moitié. Cela devait m'amener à passer de 62 livres en stock à 32, ensuite seulement je m'autorisais un livre acheté pour deux lus, jusqu'à arriver à une réserve courante de dix titres. Cela fait donc longtemps que je n'ai pas acheté de livre (oui, pour moi, trois mois en la matière c'est une éternité). Allez. Encore huit livres et je peux en acheter un. Fini 22, le 23e est en bonne voie.
     Mais revenons à nos mammouths laineux. 
     Tout allait bien, sur le papier, et pourtant… mauvaise humeur. Pressée, pressurée. Toujours à contre-temps. Etre réveillée par un des enfants, se sentir décalée, manquer de temps pour soi, pour se poser, pour avancer. Jusqu'au moment où j'ai regardé cette vidéo d'Amy Landino : comment se réveiller tous les matins à 5h même si on le sent moyen.


Juste une piqûre de rappel, en vérité. J'ai déjà fait ça toute l'année, réveil à 5h en semaine pour un peu de temps personnel avant de décoller pour la journée. Mais là, et en vacances de façon générale, j'ai tendance à bannir le réveil.
     Résultat phénoménal. Je mets le réveil à 6h. Je descends faire quelques étirements, écrire dans mes petits cahiers. Puis je remonte pour lire (ma fameuse pile…) et je regarde un épisode de Dance Academy (tombée sur cette série par hasard, regardé l'épisode 1 sans aucune conviction, puis j'ai accroché et reconnu que j'étais une ado de base dans l'âme, comme quoi même à 39 ans…).



     Puis je lis à nouveau jusqu'à ce qu'un enfant se manifeste, ou la faim. Parfois dans tout ça je vais boire une tasse de café. Ou je jardine un peu comme l'autre matin où j'ai ramassé la fin des pommes de terre à la bêche. Ou je vais lire dehors au soleil encore frais.
     Du temps, de la solitude, de l'imaginaire. Tout était là, caché dans le créneau du matin. Le sommeil commence à manquer, car difficile de s'auto-envoyer au lit tôt quand il fait plein jour et 32 degrés, mais les seules fois où j'ai renoncé à activer le réveil, j'étais très soulagée de voir que spontanément, je me réveillais tôt quand même. Renoncer à mon créneau du matin pour dormir? Est-ce que ça en vaut la peine ?

lundi 30 juillet 2018

Maison

Quelques jours d'absence, rythmes décalés,  enfants fatigués : retour à un petit matin de calme.  A mon rythme. Avec le chat qui miaule à la fenêtre.  La maison,  la base de lancement,  le laboratoire du quotidien,  le refuge.

lundi 23 juillet 2018

Vide

      L'autre après-midi, mon homme a entrepris de vider la grange, la balayer et ranger un peu mieux tout ça. 
       Mes garçons étaient à un anniversaire. Ils n'avaient pas vu le début des opérations et sont rentrés en phase de balayage, quand tout était sorti dans la cour. Mon grand a jeté un oeil dans la grange et dit : "C'est beau quand c'est vide".
        Voilà qui m'a laissé à réfléchir.

samedi 14 juillet 2018

Vaisselle


     Une des premières phrases que j'ai dû prononcer quand on a décidé d'acheter cette maison était quelque chose du genre : "Par contre, l'évier pourri, là, il dégage".
     Cela fait neuf ans.
     Il n'a pas dégagé.
     Il a vu passer la vaisselle pour deux ou pour quatre, selon que les garçons étaient là ou non (garde alternée), la vaisselle pour plus quand des amis venaient, il a vu s'installer le frigo à côté, la cuisinière changer, une cloison se monter. Il a lavé la vaisselle pour trois / cinq, quatre / six, cinq / sept, ou huit, ou neuf, quand les copines des grands viennent. 
     Il avait toujours l'air sale, même quand il était propre.
     Il était fait d'une espèce de résine plastique mouchetée. Pas beau. Mais très fonctionnel, reconnaissons-le.


    Depuis deux jours, il a dégagé. Fallait pas être pressé. Le nouvel évier vient de chez Ikea. Une cuve toute simple en céramique. Mon homme était tenté de prendre le modèle de chez Leroy Merlin, cuve simple aux bords arrondis, avec égouttoir. Mais presque 260e pour quelque chose qui ne me plaisait pas… dommage. Ce modèle était annoncé dans les 80 euros sur internet. En boutique il n'était plus qu'à 69, et sur le bon de commande que le vendeur nous a édité, il tombait à moins de 42… bon. Tant pis. C'était moins cher mais on a fait avec !
     Niveau finition, il manque les baguettes alus et les portes, qui arrivent la semaine prochaine.
     Mais depuis deux jours je vis la vie sans vaisselle. Environ une heure de gagnée par jour, je dirais. Par moi (je la faisais car je suis la plus rapide à la maison pour le faire). Je trouve toujours étrange d'entreposer de la vaisselle sale dans un meuble à moteur, mais vu le temps gagné, je vais m'y faire !
     Et vous ? à la main ? lave-vaisselle ?

lundi 9 juillet 2018

Noyer

     Il y a quoi, trois ans ? nous avons planté un noyer.
     Mon père nous avait prévenu : il faut bien dix ans pour qu'il donne des noix. Autant ne pas attendre.
     J'aime bien les noix. Le goût, le fait que ça se conserve, et les souvenirs d'enfance où l'on allait les récolter par seaux à la bonne saison, à la campagne; on en gardait les mains tachées pendant plusieurs jours.

     La première année, le bébé noyer a fait une noix. On s'est senti chanceux. Déjà ! nous l'avons partagée entre nous tous, chacun un fragment. C'était notre noix du jardin.
     La deuxième, deux ! joie et célébration. Trois noix d'avance sur nos dix ans d'attente ! ça se fêtait.
     L'an dernier, fin de partie. Le noyer s'est cassé en deux, net. Le frêle tronc a dû se faire bouffer par un chevreuil et plus rien. Triste. On laisse la base en place, des fois qu'il reparte de la souche. Mais l'attente sera longue.

     Mercredi, deux amies-collègues viennent à la maison. On fait un tour dans le jardin avec mon tout petit d'un an et demi, qui voulait se balader. Tout à coup, l'une d'elle me dit : "Ah, tu as un noyer là ! c'est une chance ça !".
     Un noyer ? quel noyer ?
     J'ouvre les yeux.
     L'arbre anonyme qui pousse entre la cabane des enfants et le hangar, près du grand cerisier. Celui que j'ai cru être un rejeton de cerisier, mais qui ne portait aucune fleur, aucun fruit, jamais. Rien d'identifiable.
     Une, deux, dix, vingt noix. Un noyer ! un noyer !!! 
     On ne l'avait plus mais on en avait déjà un, dix fois plus grand, plus fort !

Comme dirait Depeche Mode :
All I ever wanted
All I ever needed 
Is here, in my arms…

     On a déjà tout. Même un noyer !
     Il doit être issu de ceux du voisin. Lui qui disait :"Oh nous, de toute façon, on n'aime pas ça, on les laisse pourrir". Il a dû abattre l'arbre depuis, comme il a abattu le grand cerisier à fruits jaunes qu'on allait dévaliser dans son jardin quand la maison était encore abandonnée.

     Et cela me réjouit ! La nature vit sa vie ! elle ne nous a pas attendus !
     Un jardin frugal, un jardin qui nous procure de lui-même ses fruits. Nouveau sens.
     Et passons sur le fait qu'en jetant un oeil aux rangées de haricots verts, pour voir s'ils avançaient dans leur pousse, j'ai cueilli l'autre jour un saladier entier pour le déjeuner. Déjà ? génial !

lundi 2 juillet 2018

Orage

      Il devait faire très chaud hier. A huit heures du matin, j'ai refermé toutes les fenêtres : température déjà trop élevée dehors. Ce serait une longue journée, enfermée dans la maison avec les enfants. Rien de bien méchant, on a de quoi s'occuper mille fois, mais tout de même.
     Et puis l'air de pluie est arrivé. Des nuages lourds. Une atmosphère humide. Deux heures de répit et d'aération. Ensuite, comme prévu, soleil de plomb, température maximale.
     Je ne supporte pas bien la chaleur. C'est angoissant, cette ambiance dans laquelle on se retrouve enfermé. Du froid, on peut se protéger, se réfugier quelque part. Quand il fait trop chaud il n'y a plus d'autre part. 
     La maison est ancienne. Dans le bureau, en bas, soyons honnête, la température dépasse rarement les 27 degrés. Tout à fait vivable. En revanche, les chambres sous les toits montent vite. J'ai bricolé la semaine dernière des "volets" pour les vélux du palier et de notre chambre : un bloc de mousse isolante nous restait de travaux, découpé à la bonne taille et encollé sur une face de papier d'aluminium. Vraiment de la bidouille, mais malgré tout très efficace. Chez les enfants les vélux ont des stores. Avant, l'an dernier, je balançais une serviette trempée sur l'extérieur de la vitre. Très efficace à court terme, mais ensuite la serviette séchait. Et acrobatique à installer. Je garde la technique pour la porte vitrée du bas : quand le soleil tape, on met un rideau et je le trempe. Le temps qu'il sèche est autant de temps où la fenêtre n'absorbe pas encore de chaleur. 
     Je suis claustrophobe du chaud.

     Alors on va aborder la semaine avec espoir : des orages attendus, souvent. Ils devraient alléger l'ambiance. Hier soir, énorme pluie battante, lourde, tiède. Je suis allée garer ma voiture dessous, histoire de la laver. Quand le car wash vient à toi, profite de l'occasion !

     Nouvelle semaine et nouveau semainier. Alors, le bilan ? Eh bien…
    Cela fonctionne. Pas mal, même. Deux chiffons non utilisés cette semaine. Mais à chaque fois que j'en prends un, je me retrouve à nettoyer un truc improbable (l'abat-jour, des traces de doigts sur les murs) que je n'aurais jamais nettoyé sinon, et qui en avait pourtant vraiment besoin. Persister dans cette voie pourrait être fort bon pour la propreté réelle de la maison. Ce qui aide vraiment étant l'absence de contrainte précise : un chiffon quand tu veux, pour nettoyer ce qui passe, le temps que tu veux. Difficile de ne pas trouver le temps de le faire, à condition d'y penser.