mardi 23 avril 2019

Ce qui ne s'apprend pas

     Il y a quelques jours, l'évidence m'a sauté au visage.
     Cela fait des années que je réfléchis au côté néfaste de la râlerie, que j'essaie de me rééduquer, que je constate mes progrès et mes limites. Depuis 2013 je m'auto observe, j'avance un peu, je vois aussi comment les autres râlent en toute impunité ce qui a le don de saper mes efforts, preuve qu'il me reste du chemin à parcourir.
     Mais je n'avais pas fait cette corrélation pourtant évidente :
     Je râle parce que je suis stressée.
     Je suis stressée.

      Je ne me sens pas particulièrement stressée, au quotidien. Les gens qui me côtoient diraient sûrement que je ne m'inquiète de rien. Une collègue m'a rapporté une fois qu'une élève avait dit de moi "Oh, mais elle, elle est super zen, c'est impossible de l'énerver !". Et c'est un peu vrai.
       Je suis peu stressée.
       AU TRAVAIL.
       A la maison, il en va tout autrement. En moi, ça bouillonne. J'ai mille choses en tête, les contraintes horaires, les envies, les nécessités, les interruptions, une fois, deux fois, dix fois, par un, deux, trois enfants, et je ne peux pas vivre à mon rythme. Je me prends à rêver de grands moments de solitude. Le jeudi, jour off, est celui où je devrais relâcher cette impulsion. Mais je tiens tellement à y faire beaucoup que je me mets une autre sorte de pression : vite, ça, et puis ça, et puis faire mes 10000 pas, et puis lire ce livre, ah et celui-là, et le ménage, et cuisiner, et …

       J'ai toujours dû avoir un fond d'anxiété. De ce que j'en sais, la seule musculature qu'ont mes abdos est due au fait que je les contracte sans arrêt, par réflexe. Le corps ne se détend vraiment que dans le sommeil (ou un bon bain chaud, avec un livre) (mais pas trop longtemps parce que vite il faut aller dormir pour se lever tôt).

       En fin de compte, dans ce domaine, on n'a jamais aucune aide institutionnelle. A l'école, on t'apprend la conjugaison du futur antérieur, pas à respirer. La localisation de la Volga mais pas à faire le ménage. Les réactions chimiques du zinc mais pas à compter tes sous.

        Je ne rejette rien de tous ces apprentissages. Tant mieux qu'ils soient là. Mais pourquoi, pourquoi à aucun moment ne donne-t-on de pistes aux enfants, ou à défaut aux ados, ou à défaut aux adultes, sur ce qui les concerne TOUS, tous les jours, voire chaque minute ?

           Je dois apprendre à respirer. J'ai croisé la cohérence cardiaque, la méditation. Je sais que ce serait la réponse, mais mon problème est d'aller trop vite, vite, vite, et comment ralentir pour absorber la réponse ?
            Je n'ai jamais su faire le ménage. Dans ce domaine, comme dans beaucoup, tu te construis selon ton milieu, en imitation ou en opposition. La façon dont fonctionnait ma mère ne m'a jamais convenu. Je n'ai pas pour autant trouvé un fonctionnement optimal non plus.
             Je me souviens, à l'école primaire, qu'on nous ait expliqué (une intervenante extérieure) ce qu'étaient les intérêts bancaires. Quoi ? Tu pouvais GAGNER DES SOUS juste en laissant ton argent à la banque ??? incroyable. Pour la gamine de neuf ans que j'étais, c'était vertigineux comme idée. Toute petite initiation, certes. Mais quelques décennies plus tard, je me souviens encore de l'avoir eue, preuve que c'était plus important qu'il n'y paraît.

       Alors, en attendant il reste l'autoformation. Je lis des livres, comme toujours dès qu'il s'agit d'apprendre. Je teste, j'essaie d'avancer. Je commence "L'effet Télomère", histoire de me convaincre que le stress doit reculer dans ma vie. De le voir en face. Je vais lire "Clean my space", après avoir il y a longtemps beaucoup réfléchi grâce au livre de Marla Cilley "Sink Reflexions". Je lis beaucoup de livres sur l'indépendance financière.

     Mais toutes ces pistes pourraient être lancées tellement plus tôt. A sept, huit ans, un enfant est tout à fait apte à comprendre que respirer en paix (geste qu'on peut faire à tout instant) et non de façon saccadée et pressée (mon réflexe depuis toujours) a un effet profond sur le corps. Que l'argent se gère facilement si on sait quoi faire. Que quelques principes de régularité suffisent à garder un intérieur accueillant. Et j'ai encore l'impression de balbutier dans ces domaines.

     Retour des enseignements ménagers à l'école ? non. Pas forcément. Mais il est de mauvaise foi de considérer que toutes ces choses ne s'apprennent pas et sont évidentes. Personne ne sait les faire de la façon optimale dès la naissance. On respire, par nécessité. On vide la poubelle, idem. On ne dépasse pas le découvert autorisé, idem. Mais on pourrait faire tellement mieux pour nous et autrui, avec une impulsion. Et attendre que nos parents nous enseignent ce qu'ils n'ont jamais appris serait illusoire. J'aurais aimé parlé de yoga avec ma mère, tiens. Voilà qui l'aurait fait doucement rigoler.

      Work in progress, donc. Un chantier perpétuel, voilà comment je me sens. 
     Mais je connais mon envie d'apprendre, suis têtue, et trouverai mon souffle !

dimanche 14 avril 2019

J'ai osé

     Il y a quelques mois, ou était-ce l'an dernier ? j'étais allée au marché pour acheter des pommes.
     Oui. Je sais. Une vie si riche en rebondissements, c'est dingue.
     J'ai avisé une variété de pommes pas encore testées. Le panneau indiquait Idared. Ce nom m'a plu. Des pommes d'un beau rouge mêlé de jaune, qui clamaient "I dared", j'ai osé ! J'ai donc demandé celles-ci.
     "Ah, des Ida red !" m'a répondu le vendeur.
      Déception. Le rouge de l'audace, de l'intrépidité, de la honte peut-être, contenu dans ce nom original, devenait la quintessence du nom de base : un vague prénom (Ida) et un détail technique, du genre, la couleur, au hasard (red).

     Pas grave. Vendredi j'ai racheté des Ida red, que je continue en mon for intérieur à appeler des I dared. Et puis, j'ai filé les déposer à ma voiture pour aller à mon rendez-vous à la banque. 
       Et là aussi déception. A priori. Je voulais savoir si je pouvais emprunter pour un projet immobilier locatif, et combien, seule ; bref, sonder jusqu'à quel point la banque me suivait. La réponse est : pas très loin. On tombe sur 62 000e, cela pourrait être bien plus avec quelques paramètres à faire varier d'ici un an ou deux, mais même le double ne m'amène pas à mon objectif (plutôt de l'ordre de 200 000e). Alors quoi ? Je laisse tomber ? Je suis déçue, amère ? 
     Tout l'inverse. En sortant de la banque, la première chose qui m'a frappée, c'est à quel point je n'étais PAS déçue. Pas du tout. Et encore moins découragée. Au fond, cette réponse m'arrangeait un peu. D'abord elle m'autorisait à ne rien faire là, tout de suite, ce qui aurait été un peu tôt pour mes petits nerfs. Et puis, à vrai dire, le crédit n'est pas trop mon truc. Je veux l'indépendance financière, mais au prix d'une dépendance bancaire ? … dans une certaine mesure seulement. 
      Ah oui, je ne peux pas compter sur la banque ? pas de problème. Comptez sur moi. Je me débrouillerai en partie seule. J'accumulerai le plus d'épargne possible et quand je reviendrai vous ne demanderez qu'à m'aider. Parce que j'aurai bétonné mon projet comme jamais. Et j'aime les défis.
      En attendant, I dared. J'ai osé y aller, demander, vérifier. Je sais à quoi m'en tenir. Et ce n'est pas le rouge de la honte que j'ai senti sur mes joues, mais la stimulation du défi. 

vendredi 5 avril 2019

La Loi de l'Attraction : secret spirituel ou vaste fumisterie ?


AVERTISSEMENT : Ce qui suit n'est que mon avis. Je ne prêche pas. Je ne cherche pas à convaincre. Simplement à faire le point sur ce que je pense être vrai ou pas. Si votre avis diffère, n'hésitez pas à commenter, ça m'intéresse !

           J'ai vendu, dans mon dernier carton en partance vers Momox, le livre Le Secret, de Rhonda Byrne. Pour une raison simple : j'en avais un peu honte. Je sais assumer certains de mes (mauvais) goûts, pourtant. Mais garder ce volume me dérangeait. La couverture est décorative, certes. Mais très kitsch aussi. Le papier imprimé, glacé, façon grimoire à l'ancienne mais version commerciale, me posait problème. Le contenu aussi. A la fois, ça m'intéressait, et je sentais qu'il y avait quelque chose à creuser, d'où le livre resté chez moi pendant deux ou trois ans. Et en même temps, ça sentait la grosse connerie. Et j'aime pas les grosses conneries. Encore moins celles qui rapportent de l'argent à quelqu'un au détriment de quelqu'un d'autre. Je me sentais bête d'avoir acheté le livre, un peu ; pourtant pas déçue non plus. Il me fallait en être passée par là.

         Si vous ne connaissez pas le principe de la loi d'attraction, je résume en quelques mots : demandez, jour après jour, par écrit, en visualisant, ce que vous voulez, et agissez comme si vous l'aviez déjà. Et vous l'obtiendrez.
            Est-ce que ça semble complètement stupide ? Oui.
            Est-ce que ça marche ? Possible.
            C'est bien là que ça bloque. J'aimerais dire : vaste leurre, laissez tomber. Mais ce n'est pas si simple.
           Pour moi la loi d'attraction est exactement l'équivalent du placebo sur le plan médical. On se gausse, en disant "Ce n'est qu'un placebo", et on se trompe lourdement : un placebo est un miracle ! notre corps arrive à se guérir tout seul sur intercession de l'esprit, n'est-ce pas absolument formidable ? un effet placebo est mille fois plus encourageant qu'un médicament, il signifie que nous sommes autoguérissants !
          La Loi de l'Attraction me semble relever du même principe. Si tu y crois, ça marche. Si tu n'y crois pas, ça ne peut pas marcher. D'où mon problème à me sentir sceptique… mais je vais y arriver et trouver mon équilibre entre rationalité, sérendipité et synchronicité. Je le sais. Et je l'ai déjà vécu.

            1) Ce qui me dérange dans la loi d'attraction version commerciale

Je suis tombée sur le film Netflix l'autre jour, tiré du livre, ou l'inverse, on s'en fiche après tout. Même esthétique, même ambiance. On te murmure, limite, un secret des templiers à l'oreille (mais vendu à des millions d'exemplaires). On te plonge dans l'ambiance chevaliers, sceaux et coffres au trésor. Ridicule. Voix caverneuses. Le pire de tout : les experts convoqués, tant dans le film que dans le livre. AUCUN N'EST UNE POINTURE dans son domaine. Vous aviez déjà entendu le nom d'un de ces types et femmes, avant, vous ? Moi, non. Pourtant, je me cultive, quoi. Du coup petite technique qui fait bien : on convoque l'esprit des morts. Oh ! mais Platon, Beethoven, Hugo et Einstein connaissaient le Secret, voyez-vous ! ben voyons. Ils ne risquent pas de démentir, depuis qu'ils mangent les pissenlits par la racine.
            Bref.
            On se fout copieusement de notre gueule. Et ça se voit. Et en plus ça marche : non seulement on marche, mais on court. Même moi, qui VOIS tout ça, qui décode toute cette arnaque, je suis tentée, tellement tentée. Je sens qu'il y a quelque chose derrière. 

          2) Give it a go anyway - Essayez quand même, vous verrez

         Et pourtant j'y crois. Non pas au fait que j'attire dans mes filets ce que je veux par l'esprit, même si ça pourrait se traduire maladroitement par ça. J'y crois parce que j'ai compris comment ça POUVAIT fonctionner. Rationnellement. Tout comme je SAIS que le placebo existe vraiment, même s'il a l'air trop magique pour être possible. Lisez Le mystère du placebo, de Patrick Lemoine, vous verrez.

         Mon avis, qui n'engage que moi : 
Le secret n'en est bien sûr pas un. La loi d'attraction en elle-même est un nouveau nom pour faire croire qu'on a inventé quelque chose.
         Ces gens ont fait une chose simple : ils ont réinventé et laïcisé le concept de foi. Et pour ça, merci, car ce sont des personnes fort intéressées et malhonnêtes (je parle des personnes impliquées dans le livre et le film), mais qui mettent le doigt sur un élément dont nos sociétés se privent un peu. 
         CROIRE.
         Si je crois que c'est possible, fermement, j'agis comme si ça l'était. Et parfois
- je découvre que ça l'était (c'est juste moi qui n'étais pas allée voir)
- j'agis de façon à ce que ça le devienne (c'est juste moi qui n'avais pas fait les efforts).

        Exemple très simple. Si je dis à un de mes élèves : "Tu n'as pas compris les règles d'accord du participe passé", il constate qu'il n'a pas compris. Fera-t-il mieux ? Pas gagné. Je ne l'ai pas rassuré ni encouragé. Si je lui dis : "Tu as compris l'accord avec auxiliaire être mais pas celui avec auxiliaire avoir, revois ce point", il y a des chances pour qu'il soit plus confiant. Après tout je lui ai montré ce qu'il réussissait, et ciblé ce qui lui manquait.
          Quand on veut quelque chose, on s'interdit souvent tout simplement d'y croire parce que ça sort du cadre. Vous voulez être acteur. Vous savez que ce n'est pas un vrai métier. Vous y rêvez un peu comme ça, mais c'est tout. Frustration éternelle.
          Si on vous "enseigne" la loi de l'attraction, que se passe-t- il ? on vous a autorisé à y croire. Vous mettez en place des actions (prendre des cours, aller au théâtre…). Vous avez gagné en confiance puisque vous "attirez" votre destin par vos pensées. Vous êtes donc dans des dispositions positives. Des portes s'ouvrent parfois dans ces cas-là. En tout cas vous les cherchez, les portes, persuadé qu'elles existent, et vous avez donc bien plus de chances de les trouver. Serez-vous acteur ? oui ou non. Mais vous aurez côtoyé votre rêve. Peut-être changé d'avis en voyant le métier. Au moins vous vous serez approché de la lumière car VOUS VOUS Y SEREZ SENTI AUTORISE. Voilà le secret pour moi : croire qu'on a le droit de tout. Et c'est un fait : dans nos sociétés aujourd'hui, le plus lourd interdit est celui qu'on place sur nous-mêmes.

        Après, il y a les hasards et clins d'oeil. Mais bien sûr, y croire vous ouvre les yeux. Vous savez, quand vous achetez une paire de baskets de telle marque et tout à coup tout le monde a les mêmes dans la rue. Les gens avaient les mêmes la veille. Simplement, vous n'aviez pas éduqué votre attention à les repérer. 

        Et puis les gros hasards qui font douter. C'est magique ou pas ? Malicieux en tout cas. Et tant mieux. Idée plaisante que de jouer avec un "Tout là-haut", un destin, une direction. Exemple concret : je jouais depuis longtemps avec l'idée d'acheter un bloc de quelques appartements, pour les louer, comme investissement locatif. Un jour je flâne sur le Bon Coin, comme d'autres fois, et tombe sur pile ce que je veux, non pas dans la bonne ville ou le bon quartier mais dans LA RUE que je veux, exactement avec toutes les caractéristiques que je veux. Un truc de fou. Mais… deux fois trop cher. Même pas envisageable. J'aurais dû renoncer. Et pourtant prise d'une impulsion irrationnelle, je me dis : "Si la même chose en deux fois moins cher pouvait exister…". La probabilité était plus que faible. Je cherche sur d'autres sites. Je m'obstine. Je fouille vraiment. Et je trouve….
         La même chose. En vente dans la même rue, par la même agence, rénové de la même façon. Deux fois plus petit. Deux fois moins cher. 
             Improbable.
             Et jamais je n'aurais cru pouvoir acheter. Mais c'était tellement énorme que je suis allée voir ma banque. Pour savoir quand ce serait possible de faire ce genre d'investissement. La conseillère a regardé nos dossiers, on remboursait la maison encore pour quelques années, tout ça. Alors, quand ? Elle a levé les yeux et a dit : "Vous pouvez le faire maintenant". 
            Et nous avons acheté.
            Je ne vous dis pas que c'est magique, même si certains détails étaient dingues. Mais la part certaine, c'est que je n'aurais jamais cherché sans espoir d'y croire un peu. Quand vous demandez à l'univers 100 euros, et que vous les recevez, vous les auriez peut-être reçus quand même, mais pas vus de la même façon. 
             La loi d'attraction est une grosse connerie. La loi de l'attention et la loi de la foi sont puissantes. Elles nous font voir ce qui est à notre portée, et refuser que certaines choses nous échappent. Voilà le puissant moteur. 
            Bien sûr que ça marche.
            Tu m'étonnes.
           Alors jetons le folklore et gardons la foi !
           

mercredi 27 mars 2019

Je lis trop.


        Bon. Reconnaissons que parfois, c'est plutôt marrant de ne pas avoir les mêmes problèmes que tout le monde.
            J'en ai entendu, des mères inquiètes, en réunion parents-profs : "Mon enfant ne lit pas du tout / pas assez / plus / rien sauf des mangas". Je les rassure comme je peux, ici n'est pas le lieu d'y revenir, mais ça tourne souvent autour de "le choix d'ouvrage doit venir de lui / tentez les magazines sur son sport préféré, c'est toujours ça / mais la plupart des gens lisent peu en fait / des mangas, c'est déjà beaucoup mieux que rien". 

             Mais en ce qui me concerne, je crois devoir le dire : je lis trop.

             J'ai toujours été grande lectrice. Mais vraiment. Souvenir de m'être fait gronder par mon père un soir, parce qu'à 22h je lisais toujours alors que j'avais quoi, sept ans ? Souvenir d'avoir scotché une page en plus dans le cahier d'emprunt de livres, en CM1, parce que j'avais débordé des 60 lignes standard. Souvenir d'avoir tenté de lire des polars en marchant, pour voir si c'était jouable (spoiler : non, ça ne marche pas, avec mauvais jeu de mots gratuit; du moins pas quand on traverse une rue très fréquentée à chaque paragraphe).

          Etrangement, la période où j'ai le moins lu est peut-être celle de mes études… de lettres. Je lisais encore, bien sûr. Et des ouvrages spécialisées. Et des oeuvres de haute littérature, et tout ça. Mais très peu de choses pour le plaisir en parallèle, car peu d'espace mental, et finalement peu d'ouvrages dévorés avec passion. On ne peut pas écrire un mémoire sur le journal de Gide et lire mille autres choses en parallèle. Bref.

             J'empruntais tout de mon plus jeune âge jusqu'à mes premiers salaires, ou presque. Puis j'ai lu toujours un peu moins qu'autrefois, mais achetais les ouvrages. Jusqu'à me réinscrire enfin en bibliothèque.

            Plantons le décor : aujourd'hui je suis inscrite :
- dans la bibliothèque de ma ville
- dans celle de la plus grande ville d'à côté, à trente kilomètres
- dans un mois je m'inscris à celle de Paris, pour emprunter des livres numériques
- j'ai une liseuse que j'alimente en classiques gratuits (je suis toujours dans mon cycle Zola), en livres achetés (dont pas mal en anglais)
- je lis aussi des livres papiers que j'ai achetés
- je relis très souvent
- on m'en prête aussi parfois…

            Disons qu'à la maison, la pénurie de lecture ne menace pas.

Pulsion de méthode Konmari il y a deux semaines
Et le résultat provisoire car il me faudra tout
reclasser par collection, quand même

           Alors lire beaucoup, d'accord, admettons.
          Mais comment peut-on TROP lire ?  En quoi serait-ce néfaste ? et ai-je prévu de lire moins ? 
           Paradoxalement, la réponse est non. Je ne cherche pas à lire MOINS (j'en voudrais toujours plus, au contraire). Mais peut-être à lire mieux. En créant moins de fatigue, de cumulation. J'ai parfois la sensation d'avaler mes lectures comme on mange trop vite, au lieu de m'immerger dedans. 
            Principalement parce que je lis beaucoup d'ouvrages différents de front. Trop difficile de résister à ce livre, là, que je voulais vraiment découvrir… comment ça j'en ai déjà 5 en cours et autant dans ma liseuse ? pas grave, on n'est plus à un près…
        C'est comme si je "consommais" du livre, parfois. Avec le souci d'absorber ma dose. Alors, attention. Je ne regrette jamais de lire. J'aime lire. Je veux lire. Je fais sonner le réveil à 5h pour avoir le temps de le faire, que diantre (sortons les expressions du dimanche), ce n'est pas pour rien. Mais ne serait-il pas plus simple, plus sain de lire moins de choses en même temps et de savoir les goûter une par une ? ou deux par deux? Allez, dix par dix, au moins ?

          Et d'abord, je lis quoi, là, en ce moment, par exemple ? 

- aux toilettes du RDC : (ah, oui, parce que je lis aux toilettes. Comme partout ailleurs au monde, en fait)

1  Remèdes à la mélancolie, bof, pas passionnée, laissé en plan
2 Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent : vraiment super. Presque fini. Méthode du Dr Ginott, en application.

- A celles de l'étage :

3 The Tightwad gazette : 900 pages en anglais sur la frugalité, dois en être page 220 et celui-là n'est pas prêt de quitter son voisinage de PQ avant un an au moins, vu le rythme d'avancement… 

- Dans ma boîte à livres entamés près du lit :

4 Eloge de l'ombre, bien
(+ Un Legardinier, juste pour s'aérer l'esprit (léger à en être vaporeux, probablement), pas encore commencé, je me freine pour ne pas cumuler encore plus)
5 Dans la forêt de Jean Hergland, pris par hasard en bibliothèque, juste génial
6 Sapiens, lu par toutes petites touches
7 You've got a book in you, un peu laborious

- Dans ma liseuse :

8 La Terre, de Zola
9 Les Accoucheuses, une saga romanesque de quoi, 1500 pages ? (n'importe quel récit de sage-femme me captive, j'en ai même lu un, en anglais, d'une sage-femme chez les Amish, ou comment concilier deux centres d'intérêts improbables)
10 Ten Lost Years, sur la Grande Dépression au Canada 
11 Work Optional, sur l'indépendance financière
12 Ecouter le silence, de Thierry Janssen

- Dans ma voiture : 

13 Le dernier Laurent Gounelle, sur Audible, bon il est assez caricatural mais je suis bon public pour ça (même si les invraisemblances d'époque me font un peu pester).

Bon, ça va, en fait. On culmine à 13. J'aurais cru pire. Alors ça ne signifie pas que je lis ces treize livres tous les jours. Mais sur une journée… Six est un absolu minimum.

Est-ce un problème, véritablement ? 

J'ai surtout peur de noyer mon attention dans la lecture et de ne plus être capable de la fixer vraiment. Et puis, quelle est cette pulsion qui m'empêche d'accepter le vide de l'esprit ? Pourquoi ne rien faire, un instant, plutôt qu'agripper un livre comme une bouée ? J'ai moins peur du vide que du plein, au fond. Si mon esprit lit, il est occupé. Quand il est vacant, il me surgit quinze idées à la minute et ça m'épuise. Seulement, à long terme, le remplissage n'est pas une bonne idée. 

Qu'est-ce que je veux vraiment ? 

- Lire autant de livres que je veux
- M'immerger davantage dans chacun d'eux, en faire une bulle plus préservée
- Contrer ma peur du manque et du vide en prenant les lectures successivement et non de front
En somme, lire avec CALME.

Boîte à livres entamés. Elle ne déborde plus
 et ça m'angoisserait presque.
La pile miniature de mon stock matériel, plus un ou deux restés du côté
 de mon homme. Quatre livres. Au secours !!! Pénurie !
Bon, le pavé de Kraybill sur les Amish devrait me tenir un moment quand même...
Mais je veux aussi continuer à lire en abondance, à redécouvrir plus de fiction peut-être. Paradoxalement j'ai du mal à choisir des romans, alors que j'adore me plonger dans une histoire. Trop sélective ? 

Et le passage à l'action : 



Trente-trois livres en stock, depuis début janvier et quelques-uns ajoutés au fil des mois. Depuis début mars et jusqu'à fin avril, mois sans achat, donc pas d'autre en vue. Je me contenterai d'en emprunter 1500 en bibliothèque… Objectif : n'avoir plus que dix livres achetés en stock, et ne plus dépasser ce nombre. Finir avant de commencer. Les numéros barrés sont les ouvrages terminés. Eh oui ! j'avance ! 17 lus. Les numéros entourés sont ceux que j'ai commencés. ET le problème est net : je commence tout. Seuls 6 n'ont pas été goûtés encore… Passons sur le fait qu'une brassée de livres de bibliothèque, qui n'apparaissent pas là donc, m'attendent en bas, et qu'on doit en reprendre samedi. Le cycle sans fin. 
           Les avantages quand même : 
- quand on discute, avec des amis / collègues, j'ai toujours des livres à leur conseiller (je suis un peu fournisseur officiel et pourvoyeur d'informations tirés de livres célèbres outre-Atlantique mais pas traduits)
- je découvre mille choses, bien sûr
- le concept d'ennui m'est à peu près inconnu
- je peux lire d'affilée cinq pages de huit livres différents sans me mélanger les pinceaux une seconde. C'est même risible :  en ouvrant les livres l'un après l'autre, mes yeux se portent spontanément sur le bon paragraphe, celui de la page où je devais poursuivre. Une vraie seconde nature.

Mais… et le calme ? ça vient, ou quoi ? Je reconnais me pencher à nouveau sur la question de la méditation. Encore une idée ressortie pendant une minute que je ne passais pas à lire et PAF ! Qu'est-ce qui est le plus épuisant ? Déborder des idées des autres ou des siennes ?

jeudi 21 mars 2019

Le blog est mort, vive le blog

      Sur internet comme partout ailleurs, les choses et les gens vont, viennent, restent et passent. Vous suivez un blog depuis un moment. Les gens s'y confient, se racontent, on les voit avancer, évoluer, se questionner, grandir, avoir des enfants, déménager, que sais-je.
     Et puis un beau jour, plus rien.
     Version simple : on vous prévient que le blog s'arrêtera là, faute de temps, d'envie, d'idée, par changement de priorité… C'est un peu attristant, légitime pourtant. On ne saura plus le quotidien de l'autre, qui nous était devenu familier. Heureusement ces personnes ne se volatilisent pas forcément du net, interviennent de temps en temps, passent ou commentent. On devine une vie qui se poursuit paisiblement. Et puis les remords existent, l'envie de parler à nouveau, de partager. Et c'est reparti pour un tour. Caroline La Malouine, si tu passes par là ;)
      Version plus radicale : "le blog a été supprimé". Du jour au lendemain, plus aucune information. On s'inquiète : un événement grave serait-il à l'origine d'un tel revirement ? Surtout que rien ne semblait l'annoncer ? Et puis, peut-être, on ne saura jamais. On peut supposer que l'autre continue son chemin comme avant. Lassitude de l'écriture, devenue contrainte ? Envie de vivre plus simplement ? Petite soeur, si tu passes par là… "Peu mais mieux" est resté longtemps un enchaînement de lettres que je tapais machinalement sur mon clavier, pour le plaisir de découvrir un petit article ou une photo.


      Un de mes blogs préférés était Light by Coco. C'est probablement par ce biais que j'ai plongé dans une meilleure appréhension et compréhension du minimalisme. Elle était belle, jeune, dynamique, logique, et gros avantage : son anglais était si limpide qu'elle a grandement contribué à me faire replonger aussi dans la pratique de la langue. A présent, je regarde n'importe quelle vidéo en anglais avec facilité et je pourrais les transcrire, preuve que je comprends réellement, mais il a fallu s'y remettre. Je ne sais pas si tout le monde parle comme elle à San Francisco mais si c'était le cas, il faudrait que je songe à émigrer là-bas ! Bref. Un beau jour, il y a deux ans, elle a annoncé qu'elle cesserait les vidéos. Je ne l'avais découverte que depuis quelques mois. C'était attristant et en même temps totalement légitime. D'autant plus qu'on prône une vie simple et minimale : cela n'implique-t-il pas de simplifier aussi ses occupations et de savoir les arrêter quand elles deviennent pesantes ?
     Toujours est-il que partager, découvrir amène un constat : se comparer n'est pas forcément nocif. Je regarde des youtubeurs minimalistes, je lis des articles de bloggers très frugaux et je suis à des lieues de ce qu'ils sont. Est-ce grave ? pas du tout. Je ne prétends pas devenir ainsi. Je ne serai peut-être jamais l'habitante d'une maison épurée. Mais par petites touches, par contraste, je comprends mieux ce qui m'inspire et m'attire chez eux, ce qui me parle, et pourquoi.
        Pour cela, bloggers "morts" ou vivants, merci !

mercredi 13 mars 2019

De la chance


     J'étais étudiante et fauchée. Vraiment fauchée. Dans les rues, je gardais l'oeil sur les trottoirs, à l'affût d'une piécette échappée. Et j'en trouvais, quelques-unes, régulièrement. Mon copain de l'époque faisait de même et on mettait ça dans un petit pot à part, le pot des sous offerts par les gens. Ce qu'on a fait de la somme ? Sais plus. Le total devait être bien modeste de toute façon.
     J'ai souvenir d'avoir lu trois romans dans une librairie, à raison de quelques pages à chaque passage, parce qu'ils venaient de sortir, ne se trouvaient pas encore en bibliothèque et qu'il était impensable pour moi de payer une vingtaine d'euros pour cela. J'ai dû rôder longtemps dans ces rayons. Tout ceci est loin à présent, et je n'ai plus ressenti le besoin de ramasser les pièces depuis mon premier salaire.
     Le besoin, non.
     Mais je le fais quand même.
     Au fond, je trouve ça malvenu d'abandonner cet argent à son sort. Comment ? tout le monde se préoccupe de ce qu'il gagne, de ce qu'il dépense, mais on serait trop digne pour se pencher et ramasser ce qui nous échappe des doigts ? 
     De quand date cette impression que trouver une pièce sera signe de chance, signe du destin, bien plus riche que les quelques centimes que j'y trouvais ? Difficile à dire. Souvenir marquant d'un concours difficile passé moult fois et obtenu il y a six ans. J'étais à Nantes, pour un week-end en famille, entre détente et tension extrême des révisions. Se réveiller à cinq heures dans la roulotte qui nous hébergeait pour lire, analyser, condenser des fiches avant de partir en balade. Et à ce moment l'idée m'a traversée : si je trouve une pièce de monnaie, aujourd'hui, dans cette ville, c'est que j'aurai mon concours. C'est sûr.
     J'ai trouvé deux pièces.
     Joie. Signe du destin. Confiance.
     On visitait un parc; j'ai déposé les pièces, ou non, la même somme avec d'autres pièces (les premières je les gardais, par superstition) dans un petit temple khmer où certains avaient laissé leur obole.
     Je m'en remettais entre les mains du destin. Prête.
     J'ai eu mon concours.
     Autre ville, autre offrande, dans un parc asiatique, pour une amie qui passait elle aussi un concours. Elle l'a eu.
     Une amie gravement malade. Beaucoup d'inquiétude. Demander un signe du destin, une éclaircie. Trouver toute une flopée de piécettes d'un coup. Sourire, presque les larmes aux yeux, pour la confiance retrouvée : bien sûr qu'elle allait guérir. Que tout irait bien. Pouvoir lui envoyer un message disant que le destin le disait, ça irait. Elle a guéri.
        Soyons claire. A aucun moment je n'affirme que c'est grâce à moi que tout ceci s'est produit. Simplement que lire des signes du destin renforce la confiance, rappelle que la magie peut opérer et nous ouvre à une lecture favorable des événements. Comme si nos tentatives étaient protégées de l'échec. Parce qu'il en est ainsi, c'est tout.

      L'autre jour, à Paris, je voulais à nouveau un signe. Je ne l'ai pas trouvé. Forcément : j'avais mieux à faire que de scruter les trottoirs. Tant pis. J'ai admiré la vue et renoncé à gâcher mon temps.

      Mais quelques jours plus tard, devant une boulangerie, sur le parking où les voitures vont et viennent, j'ai trouvé toutes ces pièces, celles de la photo. D'un coup. Je sais bien : de la monnaie renversée en allant chercher le pain, la belle affaire, tu parles d'un signe. Oui, mais ce signe je l'attendais, et il est venu au centuple. Peu après, au marché (oui je sais… au marché c'est facile !) je venais de me dire : "Est-ce que ce projet marchera ? allez, on va dire que oui". Et j'ai à peine eu le temps de traverser la rue qu'une piécette s'est jetée sous mon pied. 

       Alors oui. Je m'arrête, je me baisse et ramasse les pièces. Je me fous de ce que pense les gens. Je me sens favorisée par le destin. Evidemment que je ne vais pas prendre la monnaie de quelqu'un qui vient de la faire tomber, il est question d'argent abandonné, là, négligé. Evidemment que deux centimes ne changeront rien à mon projet. Mais la sensation d'avoir de la chance, si. Fortement.

       Il y a quelque temps, mon fils était au supermarché avec son père, ce qui n'arrive quasiment jamais. Il est revenu avec une petite pièce si légère et étrange que je l'ai prise pour un jouet. On a regardé, déchiffré, comparé sur internet. Il avait trouvé un kopeck. Une vraie minuscule pièce russe, dans un supermarché ordinaire de province ! on a rêvé un peu au trajet qu'avait dû parcourir ce kopeck avant d'arriver dans ses mains. Bien sûr qu'il n'en fera rien de spécial. Mais une petite miette de Russie est venue s'échouer dans sa boîte aux trésors. N'est-ce pas joli ?

jeudi 7 mars 2019

L'employé du mois


    

 


















La méthode Konmari est l'amie du minimaliste. Tu désencombres ta maison. Tu ne souhaites pas la faire déborder à nouveau d'objets en tous genres. Tu fais quelques économies (avec tout ce temps passé à désencombrer, tu n'as pas pu aller faire du shopping, et tu mesures la vacuité de la chose de plus en plus). Tu fais quelques dépenses aussi (s'il s'agit de n'avoir que des objets qui me mettent en joie, j'ai une liste d'envie longue comme le bras pour remplacer mes actuels "fera l'affaire").

      Alors que faire quand on est coincé entre envie d'épure et souci de ne pas gaspiller ? Plus précisément, quand on se sent un peu de mauvaise foi… "j'aimerais bien me débarrasser de cela mais je reconnais pouvoir tout à fait m'en servir encore un peu"?

      J'ai trouvé ma solution. Je décrète, dans ces cas, un Employé du mois. Non pas le meilleur travailleur de l'entreprise, en l'occurrence, mais plutôt un "désigné volontaire" que je vais mettre en première ligne un mois entier. 

         Ces chaussettes, par exemple. Je les ai achetées quand j'étais enceinte, repère pratique, cela fait donc trois ans. Je les ai portées assez régulièrement. Elles ont trois inconvénients :
- elles remontent jusqu'à mi cuisse (point fort) mais ont tendance à glisser au genou (point faible). Agaçant.
- elles sont assez épaisses dans la chaussure.
- …et vu l'épaisseur de la matière, donc, elles prennent de la place dans le tiroir
En définitive, j'évite souvent de les porter. Elles pourraient donc continuer à bouffer l'espace de mon tiroir pendant des années, intactes.
       Pas question !
       J'ai décidé ce mois-ci de les porter autant que possible - entre deux lavages, tout de même. Elles vont bien finir par s'user, vous savez, le petit trou au gros orteil… le tissu a déjà un peu cédé à cet endroit-là. Je pourrai alors m'en débarrasser la conscience en paix, en ayant tiré tout l'usage que je pouvais.
       Oui je sais. Je peux aussi couper le pied et m'en faire des manches. On verra si je pousserai le vice jusque-là, le moment venu.

          Ce fard à paupières est vieux. On le voit. Bien avancé. On le voit. Selon les recommandations sanitaires en vigueur, j'aurais dû le jeter il y a une décennie. Sauf que la poudre n'a pas bougé, ni texture, ni odeur, rien. Donc les dates de péremption cosmétiques resteront pour moi ce qu'elles devraient être : une indication de précaution, point. D'un autre côté, la boîte est tellement abîmée, ce fard si ancien, que j'aimerais en finir. Il m'a en plus été donné par une amie que je n'ai plus vue depuis dix ans, de façon tout à fait délibérée, et ça me fatigue un peu d'avoir une pensée pour elle à chaque fois. Bref. Chacun sait qu'un fard à paupières est absolument interminable. Si vous en avez dix, même en vous maquillant chaque jour généreusement, vous traversez l'année, voire la suivante et même plus, sans craindre la pénurie. Cela fait longtemps que je me suis décrété un "employé du mois" dans mes fards à paupières. Cela semble réducteur mais le principe est le même que pour la capsule wardrobe : limite ton choix, tu limiteras ta fatigue décisionnelle. Ce mois-ci j'utilise ce fard tous les jours. Seul ou couplé à d'autres, le plus souvent. 

       Un effet secondaire inattendu de cette technique : à force d'utiliser ces produits mal aimés, vous finissez par les apprécier. Voire, regretter d'en finir avec eux, quand ils sont bons pour la poubelle. La preuve que notre envie de "toujours plus, toujours nouveau" est parfois vaine, puisqu'on ne prend pas le temps d'apprécier entièrement ce qu'on a déjà. Et puis, si l'objet en question a vocation à être remplacé, cela laisse le temps de choisir le suivant, au lieu de courir les boutiques sur une impulsion. Au fond, ce processus est plutôt apaisant. Il est si récent d'avoir pléthore de tout chez soi. C'est anormal !

Cela fonctionne très bien, vous vous en doutez, pour tous les consommables : 
- vêtements du quotidien
- aliments
- produits d'hygiène et beauté
- chaussures confortables…
En revanche, si vous attendez d'avoir usé le vieux vase de mémé ou la paire de talons qui vous fait mal au bout de cinq minutes pour vous en débarrasser, vous risquez de déprimer avant. Si l'objet n'est pas "usable", ne vous pourrissez pas la vie, souhaitez-lui tout de suite bon voyage !